Matières premières : Fusion entre Glencore et Xstrata: feu vert

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Matières premières Fusion entre Glencore et Xstrata: feu vert

La mégafusion de la branche des matières premières a franchi mardi matin une première étape décisive, avant de connaître un premier revers dans l'après-midi.

La mégafusion entre Glencore et Xstrata a franchi mardi une étape décisive en obtenant le feu vert des actionnaires du numéro un mondial des matières premières et de ceux du groupe minier. Ces derniers ont toutefois refusé un plan de rémunération controversé des dirigeants de Xstrata.

Réunis l'après-midi à Zoug et à Londres simultanément, les propriétaires de Xstrata ont donné leur feu vert à l'opération dans le cadre d'une procédure de vote complexe. Celle-ci visait à éviter un échec en raison d'un programme de bonus destiné aux responsables du groupe minier sis à Baar, tout comme comme Glencore.

Controversé, ce plan, qui prévoyait de distribuer pas moins de 114 millions de livres (216 millions de francs) à une septantaine de responsables de Xstrata, dont son patron Mick Davis, n'a pas passé la rampe. Les actionnaires de Xstrata l'ont finalement rejeté à 78,4%, alors qu'ils ont plébiscité la fusion avec Glencore à un peu plus de 90% des actions représentées.

Très controversé, ce programme de bonus a notamment fait l'objet de vives critiques de la part de l'assureur vie britannique Standard Life. Le fonds souverain Qatar Holdings, dont la participation dans Xstrata se monte à près de 12%, s'est abstenu. Glencore, également gros actionnaire du groupe minier, n'était pas autorisé à prendre part au vote, le scrutin étant régi par le droit britannique.

Rebondissements

Auparavant, les dirigeants de Xstrata ont essuyé un premier revers. Les propriétaires du groupe minier ont certes accepté le paquet portant sur le mariage avec Glencore et les bonus, mais avec un taux de 69%, soit un niveau inférieur à la majorité qualifiée de 75% requise.

En matinée, la mégafusion a franchi une première étape symbolique, les actionnaires de Glencore ayant sans surprise accepté la fusion. Le plébiscite vient ainsi couronner l'oeuvre du patron du géant zougois des matières premières, Ivan Glasenberg. Mais l'opération, annoncée en février, aura toutefois nécessité neuf mois de discussions serrées entre les deux groupes et leurs grands actionnaires.

Après plusieurs rebondissements et négociations en coulisses, Glencore est parvenu à rallier à ses plans Qatar Holdings. Mais pour briser les réticences du fonds souverain, le géant zougois aura dû améliorer son offre à 3,05 nouvelles actions Glencore pour chaque titre Xstrata, contre 2,8 auparavant.

Désormais ouverte, la voie menant à la naissance d'ici la fin de l'année au géant nommé GlencoreXstrata International, nécessite encore l'obtention des autorisations des autorités de la concurrence. La Commission européenne devrait se prononcer d'ici à jeudi. La Chine, ainsi que l'Australie et l'Afrique du Sud, doivent aussi examiner la mégafusion sous l'angle de la concurrence.

Mastodonte

L'union des deux groupes donnera naissance à un géant qui a généré l'an passé un chiffre d'affaires cumulé de près de 200 milliards de francs, soit deux fois celui du numéro un mondial de l'alimentation, le veveysan Nestlé. Son résultat brut d'exploitation a atteint 16,2 milliards de dollars.

En joignant ses forces à son voisin Xstrata, actif pour sa part dans les métaux et minéraux, Glencore vient lutter sur les terres des anglo-australiens BHP Billiton et Rio Tinto, ainsi que du brésilien Vale et de l'anglo-sud-africain Anglo American. Mais le futur géant tire aussi sa puissance d'une présence géographique étendue et de la grande diversité de ses opérations.

Glencore possède ainsi une grande partie de ses actifs dans le zinc, le cuivre, le plomb et l'aluminium. Il est également présent dans les produits énergétiques (pétrole et charbon) et agricoles (coton, tournesol, blé, sucre...). Le numéro un mondial des matières premières, qui compte plus de 60'000 collaborateurs, détient en propre des installations portuaires, des entrepôts et une flotte de navires pour fournir ses clients à travers le monde.

Fort de 70'000 salariés, Xstrata exploite quant à lui des matières premières essentielles, telles que le cuivre, le zinc, le charbon, le nickel ainsi que d'autres minerais. Le nouveau groupe va aussi tirer profit du savoir-faire de Glencore acquis dans le négoce depuis 38 ans. (ats)

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