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Galway sous le choc après le meurtre de la jeune Bernoise

Galway - Près d'une semaine après le meurtre de la jeune étudiante bernoise de 17 ans, la ville irlandaise de Galway est encore sous le choc.

L'atmosphère dans la rue est teintée de tristesse, alors qu'une foule de policiers sont lancés à la recherche du meurtrier. Les autorités sont inquiètes pour la réputation de leur ville connue pour sa joie de vivre.

«Tu te souhaites de revenir une semaine en arrière; tu souhaites que ce ne soit qu'un mauvais rêve», explique Aine ni Aonghusa, une étudiante rencontrée dans le «Kings Head», le pub où la jeune apprentie de commerce devait rencontrer ses amis la nuit fatale. L'étudiante irlandaise a passé la plus grande partie de sa vie à Galway et ne s'est jamais sentie aussi vulnérable. «Tu te sens comme si c'était mal de s'amuser».

Dans le pub à l'ambiance moyenâgeuse, les étudiants des deux universités viennent consommer leurs pintes et leurs pizzas cuites au feu de bois à la lueur des bougies. Un des sujets de conservation est de savoir si on peut rentrer seul à la maison. Plusieurs expliquent qu'ils ont acheté des sifflets d'alarme et d'autres appareils d'appel au secours.

Les 42 autres élèves suisses en stage linguistique ont quitté l'Irlande vendredi dernier, laissant un pays où tous les journaux affichent en une le visage souriant de la jeune victime. La police a publié une photo d'elle prise par le groupe après son arrivée en Irlande dans l'espoir de recueillir de nouveaux indices sur le drame de lundi soir.

Havre de paix

«Galway est le lieu où l'Irlande peut faire une pause et se relaxer; ici, on se sent innocent et on prend du plaisir, c'est un havre de paix pour les visiteurs et pas ça, pas ça», affirme Brendan McGovern, un cycliste faisant une pause près de l'endroit où a été découvert le corps partiellement habillé de la victime.

Le sentier pédestre relie un lac à la ligne de chemin de fer et c'est un raccourci très prisé entre la périphérie et le centre de la ville et ses pubs. Le lieu où le corps a été découvert est toujours fermé et la tente blanche des enquêteurs y flotte au vent. Les spécialistes de la police criminelle y passent au peigne fin les buissons et les sentiers dans l'espoir de découvrir des traces laissées par le meurtrier.

L'équipe d'une cinquantaine d'enquêteurs n'a encore procédé à aucune arrestation. Suite à des rumeurs faisant état d'une relation possible entre le meurtrier et plusieurs agressions sexuelles non élucidées, la police a souligné qu'aucun lien n'avait pu être établi.

Criminalité la plus basse

Galway a le taux de criminalité le plus bas de toutes les villes irlandaises. Deux meurtres y ont été commis ces dernières années, mais tous les deux ont été élucidés. Plus de 20.000 des 70.000 habitants de la cité sont des étudiants. Ce qui en fait la plus jeune population de l'île, dont la croissance est également la plus forte.

A l'office du tourisme de la ville, on se fait du soucis pour la réputation du pays. Sa promotion se fait sous le slogan «cead mile failte», ce qui signifie «cent mille bienvenues» en gaélique. Les trois écoles de langue pourraient être confrontées à court terme à des annulations. L'été dernier, une pollution de l'eau avait donné une image négative de la cité. «Nous avons besoin de bonnes nouvelles; nous avons besoin d'une arrestation», affirme un fonctionnaire municipal.

Livres de condoléances

Le curé de l'église catholique Saint-Augustin, Dick Lyng, a exprimé sa compassion aux parent de la jeune fille au nom de toute la communauté religieuse. Jeudi dernier, il a célébré un office à la mémoire de la jeune fille. «Nous sommes solidaires avec tous ceux qui, en Suisse, pleurent Manuela», a-t-il dit. Dick Lyng veut envoyer les livres de condoléances aux parents la semaine prochaine. Dans les églises et les écoles, des centaines de personnes y ont écrit un mot en anglais, en gaélique, allemand et bien d'autres langues. (ap)

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