Tunisie: Garantir une vraie transition démocratique
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Des centaines de manifestants se rassemblés mercredi devant le siège de l'Assemblée constituante tunisienne pour dénoncer «les dangers qui menacent le processus de transition démocratique».

Les protestataires s'insurgeaient contre ce qu'ils considèrent comme un «accaparement des pouvoirs» par le Premier ministre pressenti Hamadi Jebali, l'homme fort d'Ennahdha, grand vainqueur des dernières élections et «la volonté d'hégémonie» du mouvement islamiste, tels qu'ils se dégagent des textes en discussion au sein des commissions de la Constituante.

Mardi, Ennahdha a été mise en minorité lors du vote de deux articles proposés dans ce sens. Même ses alliés au sein de la «troïka» majoritaire (le Congrès pour la République -CPR- de Moncef Marzouki et Ettakatol ou Forum démocratique pour le travail et les libertés -FDTL- de Mustapha Ben Jaâfar) s'en sont démarqués.

En raison de ces divergences, les travaux de la commission de l'organisation des pouvoirs publics ont été suspendus mercredi et ne devraient reprendre que jeudi ou vendredi.

Un responsable du Parti démocratique progressiste (PDP/opposition) Mehdi Ben Gharbia, a dénoncé «une concentration des pouvoirs par le Premier ministre».

Le dirigeant d'Ettakatol et militant des droits de l'Homme, Khémaïs Ksila, a relevé que «ce qui se passe actuellement ne présage rien de bon», appelant à «mettre la pression» pour assurer «un équilibre des pouvoirs».

«Non à une nouvelle dictature», «le peuple veut une Constitution démocratique», «CPR et Ettakatol libérez-vous», pouvez-t-on lire sur certaines pancartes brandies par des femmes venues en grand nombre.

Leîla Mlaiki Abdeljaouad du Pôle démocratique moderniste (PDM/opposition) a plaidé pour la création d'«une chaîne parlementaire» et «la diffusion en direct des débats de la Constituante dans un souci de transparence».

«Ennahdha veut mettre la main sur tout en ne laissant que des miettes aux autres», a déploré l'analyste politique Noureddine ben Ticha sur Mosaïque FM.

«La Tunisie pour tous. Non au pouvoir absolu. On exige la séparation des pouvoirs», scandaient plusieurs voix.

«On se bat pour sauver nos droits, les libertés et surtout la liberté de la femme qui sont menacées. J'ai une peur bleue, mais il n'est pas question de toucher à nos acquis», a tempêté la journaliste Selma Hani.

Pour Ahmed Brahim, chef du mouvement Ettajdid (opposition), la manifestation est «un signe positif en ce qu'elle illustre la vigilance de la société contre les risques de déviation de la mission pour laquelle a été élue la Constituante». (ap)

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