Actualisé 05.09.2018 à 07:24

Genève

Garçons victimes d'abus: Titeuf montre l'exemple

Une campagne de prévention contre les abus sexuels s'adresse aux garçons. Elle met en scène le héros dessiné par Zep.

de
Léonard Boissonnas
«Cest important que les enfants comprennent que ce nest pas un tabou et quil faut en parler», a déclaré Zep, qui dessine les affiches du CTAS depuis 2016.

«Cest important que les enfants comprennent que ce nest pas un tabou et quil faut en parler», a déclaré Zep, qui dessine les affiches du CTAS depuis 2016.

Keystone/Salvatore di Nolfi

«Touche pô à mon zizi!!!»: c'est ainsi que Titeuf, le célèbre personnage de Zep, fait fuir son agresseur. Le visuel, conçu par le dessinateur genevois, illustre la nouvelle campagne du Centre thérapeutique traumatismes agressions sexuelles (CTAS).

L'association, créée en 2000, propose des consultations aux victimes d'abus sexuels et, depuis 2015, traite d'autres traumatismes. Après deux campagnes centrées sur les filles, le CTAS désirait cette fois s'adresser aux garçons. «C'est très important pour nous», indique la présidente de l'association, Josiane George.

#MeToo

L'idée est venue de la remarque d'un citoyen. Le mouvement #MeToo est aussi passé par là, selon le CTAS. Une hausse des sollicitations a été constatée de la part des adolescents, mais aussi des hommes. «Si des personnes osent en parler publiquement, ils se disent qu'ils peuvent le faire également, explique Lydiane Bouchet, coordinatrice et psychologue. Les hommes changent aussi, les deux sexes sont aujourd'hui moins clivés.»

L'an dernier, l'association a suivi 133 personnes, dont plus de 80% d'adultes, un chiffre stable. Il s'agit souvent de personnes victimes d'agressions sexuelles alors qu'elles étaient mineures et qui n'ont pu en parler à l'époque: «Ce sont des gens qui ont eu honte ou qu'on a traités de menteurs», précise la psychologue. Les enfants et les ados ont, eux, représenté une part de 17,5% des consultations, soit une augmentation de près de 4% par rapport à 2015. «Avec cette campagne, on espère renforcer leur droit à dire non», conclut Josiane George.

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