Tribunal de Vevey (VD): Garderie: éducatrice condamnée dans l’affaire des enfants ligotés

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Tribunal de Vevey (VD)Garderie: éducatrice condamnée dans l’affaire des enfants ligotés

L’affaire des enfants de 2 ans attachés dans une garderie de Montreux a connu son verdict. La prévenue a été condamnée  à des jours-amende avec sursis pour complicité de séquestration.

par
Abdoulaye Penda Ndiaye

C’est une affaire de nature à rompre le contrat de confiance censé prévaloir entre les parents et les structures d’accueil d’enfants. En novembre 2020, deux enfants de 2 ans, qu’une éducatrice trouvait turbulents, ont été entravés pendant un court instant par celle-ci. Elle a ensuite pris une photo du groupe dont elle s’occupait et l’a envoyée sur Snapchat à Léa*, une collègue avec laquelle elle travaillait en binôme et qui était absente ce jour-là. Sur l’image, on voit quatre enfants assis à même le sol, la mine triste, dont deux qui sont attachés aux pieds et aux mains.

Liz*, l’auteure des faits, a abdiqué lors de l’audience au Tribunal de Vevey, il y a deux semaines, en retirant son opposition à l’ordonnance pénale de la procureure. Ce qui a eu pour conséquence la confirmation de sa condamnation par ordonnance pénale à 60 jours-amendes à 60 francs avec un sursis de quatre ans et à une amende de 900 francs.

«Condamnée avant d’être jugée»

Contrairement à Liz, Léa* a maintenu son opposition. «A 27 ans, ma cliente vit chez ses parents. Elle avait retrouvé du travail dans une crèche vaudoise mais a été licenciée à cause de cette affaire. Elle a été condamnée avant d’être jugée. Personne ne sait à quel moment elle a vu la photo. Comment être complice sans contribuer à la réalisation d’une infraction que l’on ignore? Il faut un jugement de libération, voire de réhabilitation», avait plaidé Me Yero Diagne, l’avocat de Léa. 

Sanction financière

L’avocat de la défense a été partiellement entendu par le Tribunal de Vevey. Léa a été libérée des accusations de voies de fait qualifiées, complicité de contrainte et violation du devoir d’assistance qui pesaient contre elle. Mais la Cour l’a reconnue coupable de complicité de séquestration. Elle a été condamnée à 30 jours-amende à 50 francs avec un sursis de deux ans. Elle doit aussi payer une amende de 400 francs et 300 francs de tort moral aux parents d’un des deux enfants attachés. Ceux de l’autre enfant entravés n’avaient réclamé aucun dédommagement. L’éducatrice devra également prendre en charge les frais d’avocat de la partie plaignante, soit 3425 francs, et 750 francs de frais de procédure.

Nouveau chapitre au Tribunal cantonal

«Ma cliente est effondrée d’avoir été condamnée pour un acte auquel elle n'a pas pris part et qu’elle n’a pas cautionné. Nous allons faire appel», a réagi Me Yero Diagne, l’avocat de Léa. 
*Prénoms d’emprunt

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