Hockey - LNB: Gary Sheehan : «On doute de tout…»

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Hockey - LNBGary Sheehan : «On doute de tout…»

L'entraîneur de La Chaux-de-Fonds vit une situation compliquée. Son équipe s'est inclinée 11 fois lors des 13 dernières parties. Malgré tout, le coach québecois des Abeilles a accepté de faire le point avec franchise, sans prendre de gants.

par
Jean-Philippe Pressl-Wenger

Gary Sheehan, vous aviez aligné sept victoires, plus tôt dans le championnat. Que s'est-il passé ?

On a perdu l'habitude de gagner. On travaille mais certains des buts que nous encaissons nous font mal au moral et on ne gère pas bien les situations spéciales. Il faut aussi relever que l'on a perdu pas mal de matches avec un seul but d'écart. Mais ne prenez pas ça comme des excuses, je ne veux pas passer pour celui qui pleure ou qui se plaint.

Vos deux dernières sorties à Olten et à Langenthal, deux grosses équipes de LNB, vous ont-elles rassuré ?

Notre premier et notre troisième tiers à Olten ont été encourageants (ndlr : défaite 7-6). Mais on prend un but au mauvais moment. Sur un 2 contre deux, un de nos défenseurs tombe et Olten marque. A Langenthal, on montre de belles choses et sur une contre-attaque, ils marquent après 14 minutes. Encore une fois ce but nous fait mal. Si le doute n'avait pas remplacé la confiance que l'on avait en notre jeu, plus tôt dans la saison, on s'en serait remis.

Que vous manque-t-il alors ?

On montre des bonnes périodes, mais on n'arrive plus à être constant sur 60 minutes. On peine à avoir tout le monde au bon niveau le même jour. Quand une ligne fonctionne bien, une autre reste en retrait. Défensivement, on n'offre à l'adversaire que 23 ou 25 lancers par match. Pourtant ça ne suffit pas pour gagner. Et c'est justement une victoire dont nous avons besoin pour nous remettre en selle.

A vous entendre, le problème est plus mental qu'autre chose…

Le fighting spirit n'est plus ce qu'il était, le moral est touché. Et dans ces cas-là, comme joueur, on doute de tout : de son efficacité, de son geste, de son effort…

Que mettez vous en œuvre pour que cela change ?

J'ai déjà vécu ce genre de situation car toutes les équipes connaissent des mauvaises passes. Le problème c'est que la nôtre est un peu plus longue. Mais il ne faut pas tout chambouler non plus. Il existe des recettes. Nous avons déjà effectué pas mal de discussions. Il faut maintenant que tout le monde prenne ses responsabilités au bon moment. Comme coach, je dois me montrer compréhensif lorsque certains éléments sont dans une mauvaise passe. Mais je dois aussi parfois hausser le ton, sans verser dans la dictature.

Malgré un contrat qui court jusqu'en 2015, vous êtes-vous senti menacé ?

Les gens qui sont en place ont toujours été derrière moi et je ne suis pas persuadé qu'un changement, dans la situation actuelle, soit efficace. Je suis aussi conscient que l'impatience grandit.

Dimanche, vous vous rendez à Bâle. Est-ce l'occasion de vous relancer ?

Il le faut! On a besoin de ces points. Et il ne faudra pas compter sur une contre-performance de nos adversaires, ils nous ont tous battu durant ce dernier tour. Ce n'est pas important contre qui on gagne. Il faut juste que ça arrive.

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