Gaspard Ulliel: «Hannibal est un personnage jouissif»
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Gaspard Ulliel: «Hannibal est un personnage jouissif»

PARIS – Gaspard Ulliel revêt dès demain le masque du terrible Hannibal Lecter. Passage en revue d'un défi international.

– Vous étiez jeune lorsque «Le silence des agneaux» est sorti, mais vous a-t-il marqué?

– Je l'ai vu plus tard en cassette. Je me rappelle avoir eu peur. Je garde des souvenirs marquants de certaines scènes... et du personnage bien sûr. J'ai été surpris qu'on me contacte pour le rôle.

– Qu'avez-vous ressenti?

– J'ai eu deux appréhensions: la grosse franchise «Hannibal» et l'attente du public qui s'est approprié le personnage. Malgré tout, je suis devenu dépendant de mon rôle très très vite.

– Ça fait quoi de jouer un monstre?

– C'est toujours amusant de jouer des méchants. Mais Hannibal n'est pas un monstre. C'est un personnage jouissif car il est à la fois intelligent et manipulateur, éduqué et cannibale... Ses qualités et ses perversions s'opposent, et c'est pour cela qu'il est devenu célèbre.

– Peter Webber, le réalisateur, dit de vous que vous aviez «quelque chose de spécial, quelque chose de sombre»...

– Il dit des bêtises! Je n'ai pas de côté sombre. Je n'ai pas de pulsions criminelles. Enfin... pas encore (Rires.)

– Avoir une expérience hollywoodienne ou une carrière internationale est le rêve de beaucoup de jeunes acteurs. Est-ce le cas pour vous?

– «Hannibal» n'est pas un vrai film hollywoodien: c'est une grosse sortie avec gros budget, mais il est très européen. Je n'ai pas eu le sentiment de travailler à Hollywood. En revanche, j'ai adoré travailler à l'étranger. J'ai trouvé le rythme de travail plus soutenu qu'en France. Il y a plus de rigueur. On travaillait douze heures par jour, alors qu'en France, on ne travaille «que» huit heures. Et il y a un détail qui m'a plu: l'éclairage est déjà établi lorsqu'on arrive, et on n'a pas à attendre.

– Craignez-vous de prendre la grosse tête à la suite de votre arrivée sur la scène internationale?

– Je m'inquiétais d'être exposé mondialement. C'était un gros pari à prendre. Mais je ne fais pas de plans sur la comète car c'est un métier où l'on ne sait jamais de quoi demain sera fait. Je ne sais pas du tout ce vers quoi ma carrière va s'orienter. Je serai ravi de travailler de nouveau à l'étranger car c'est bien de pouvoir échanger avec d'autres cultures, d'autres acteurs, d'autres talents. Bien sûr, l'industrie américaine est plus riche qu'en France, et si j'y avais un accès ce serait super. Mais pour l'instant, je prends ce film comme un bonus.

– Vous parlez de rencontres avec d'autres talents: quelle a été votre première pensée face à Gong Li?

– Ah, c'est un délice. (Rires.) Elle est jolie, charmante, souriante et toujours de bonne humeur. C'est un bonheur de travailler avec elle: elle est très professionnelle et très généreuse.

– Avez-vous vu le film une fois monté? Vous êtes vous fait peur?

– Non je n'ai pas le recul nécessaire pour me faire peur. Mais j'ai vu le film et j'ai du mal à me regarder. Je n'aime pas beaucoup me voir. C'est étrange de m'entendre parler anglais.

– Le projet avec Asia Argento est-il confirmé?

– Non, pas pour l'instant. Ce qui est sûr, c'est que je vais tourner avec Niki Caro, qui a réalisé «L'affaire Josey Ames» avec Charlize Theron...

Elsa Duperray

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