Berne: Gaspillage des aliments: «la faute des clients»
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BerneGaspillage des aliments: «la faute des clients»

Chaque année, deux millions de tonnes d'aliments en bon état finissent à la poubelle. La Confédération planche actuellement sur des mesures. Les restaurants et les distributeurs rejettent la faute sur les consommateurs.

par
hhs/ofu
A travers une action réalisée en octobre dernier sur la place fédérale à Berne, les Jeunes verts avaient attiré l'attention de la population sur le gaspillage alimentaire en Suisse.

A travers une action réalisée en octobre dernier sur la place fédérale à Berne, les Jeunes verts avaient attiré l'attention de la population sur le gaspillage alimentaire en Suisse.

En Suisse, un tiers des aliments produits ne sont pas consommés et finissent dans les composts ou la poubelle. Les fruits, les légumes et les pâtisseries sont le plus concernés par ce gaspillage. Si tous les milieux s'accordent sur le fait que cette situation est intenable, ils ne sont pas du même avis quant aux mesures à adopter. En octobre dernier, les Jeunes Verts avaient annoncé vouloir s'emparer de cette thématique dans leur campagne à venir.

Crainte des mesures étatiques

Depuis plusieurs mois, la Confédération planche sur des solutions. Mais les restaurants et les grands distributeurs montent déjà au créneau pour lutter contre d'éventuelles mesures étatiques, écrit le «Tages-Anzeiger».

Dans le cadre du plan d'action «Economie verte», plusieurs offices fédéraux envisageraient, entre autres, d'obliger les distributeurs et les restaurants à valoriser leurs déchets alimentaires. En décembre dernier, le National avait par ailleurs accepté un postulat d'Isabelle Chevalley (VD/Vert'lib). Celle-ci demandait que la Suisse prenne des mesures similaires à celles en vigueur en France, pays qui utilise les aliments non consommés pour faire du compost, du biogaz, de la nourriture pour animaux ou qui le redistribue aux personnes dans le besoin.

Optimiser les processus d'exploitation

Tous ces plans sont vus d'un mauvais œil par les milieux économiques. «Ce serait complètement faux de prendre des mesures trop rapidement», a affirmé Rudolf Minsch, économiste auprès d'economiesuisse, dans les colonnes du quotidien alémanique. Son avis est partagé par Bernhard Kuster, directeur de Gastrosuisse: «L'obligation de valoriser les déchets alimentaires freine l'élaboration de nos propres initiatives visant à limiter les déchets.»

Consommateurs fautifs

Même son de cloche auprès de Migros et Coop. Les deux distributeurs affirment en avoir déjà fait assez en la matière. Selon eux, seul 1% de leurs aliments finit à la poubelle. Ce petit reste serait par ailleurs réutilisé. «Et pour quand les mesures qui visent les consommateurs? Au final, les ménages suisses jettent à eux seuls environ la moitié des aliments mis à la poubelle», note le porte-parole du géant orange Urs Peter Naef.

Mais pour Sara Stalder, de la défense des consommateurs suisses, cet argument est trop facile. Selon elle, ce sont bien les secteurs alimentaires qui poussent les clients au gaspillage en indiquant des dates de péremption trop courtes, ceci dans le but d'augmenter leur chiffre d'affaire.

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