Gaza à feu et à sang
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Gaza à feu et à sang

La situation s'envenime dangereusement dans la région.

Six personnes ont été tuées dans quatre raids aériens israéliens lancés jeudi à Gaza pour riposter à des tirs de roquettes palestiniens.

La première attaque israélienne a détruit le bâtiment du quartier général de la Force exécutive contrôlée par le Hamas dans le centre de Gaza. Un membre de cette force a été tué et trente autres blessés, a indiqué une source médicale.

La Force exécutive a été créée en mars 2006 peu après la formation du gouvernement palestinien issu du Hamas, pour contrer l'hégémonie du Fatah du président Mahmoud Abbas dans les services de sécurité palestiniens, qui refusaient alors de coopérer avec le nouveau gouvernement.

Environ deux heures plus tard, l'armée israélienne a visé une voiture en ville de Gaza. Un militant islamiste a été tué dans l'attaque et cinq personnes blessées, selon une source médicale. Un troisième bombardement a touché le domicile d'un responsable islamiste et fait un mort.

Dans la soirée, un autre raid a causé la mort de trois occupants d'une voiture circulant dans le secteur de Soufa, un point de passage entre Israël et le sud de la bande de Gaza.

Le Hamas a promis de se venger. «Toutes les options contre l'ennemi sioniste sont ouvertes, y compris des attaques suicide en temps, en heure et dans le lieu approprié», a réagi Abou Obeida, le porte-parole de la branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam.

L'artillerie israélienne a été déployée le long de la frontière avec la bande de Gaza et plusieurs chars se sont avancés de quelques mètres dans le territoire palestinien.

Dans la soirée, une quinzaine de blindés israéliens ont pénétré dans le nord de la bande de Gaza, près de l'ancienne colonie de peuplement de Dougit, selon des sources sécuritaires palestiniennes.

Par ailleurs, les combats se sont poursuivis entre les islamistes et les services de sécurité palestiniens, loyaux au président Abbas, malgré un cessez-le-feu signé la veille.

Ces affrontements, beaucoup moins violents qu'au cours des jours précédents, ont fait trois tués jeudi, portant à 47 le nombre de victimes de la nouvelle vague de violences interpalestiniennes qui a éclaté le 11 mai.

M. Abbas, qui devait se rendre à Gaza pour discuter de la trêve entre le Fatah et le Hamas, a annulé sa visite après la découverte d'un tunnel bourré d'explosifs placés par la branche militaire du Hamas qui devaient exploser au passage de son convoi, ont annoncé de hauts responsables sécuritaires.

Cette tentative d'assassinat et ces heurts fratricides menacent la survie du fragile gouvernement d'union formé en mars.

(ats)

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