Gaza: six Palestiniens tués
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Gaza: six Palestiniens tués

L'armée israélienne a poursuivi vendredi son offensive dans la bande de Gaza visant à mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes et à retrouver un soldat enlevé.

Six Palestiniens ont été tués par des actions militaires durant cette seule journée. Les décès ont été enregistrés à Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza, où l'armée a pris position dans plusieurs quartiers. Deux Palestiniens ont été tués dans un raid aérien, tandis que quatre autres, dont un sourd-muet, ont été touchés par des tirs, selon des sources médicales.

Ces derniers décès portent à 28 le nombre de Palestiniens tués depuis jeudi dans l'offensive de Gaza. La journée de jeudi a été l'une des plus sanglantes depuis le début de l'Intifada en septembre 2000, avec la mort de 22 Palestiniens, combattants et civils. Un soldat israélien a également été tué.

Quarante «terroristes» tués

Lors d'une tournée d'inspection des troupes à Gaza, le chef d'état-major Dan Haloutz a affirmé que l'armée comptait «faire payer cher» aux groupes armés «s'ils gardent notre soldat enlevé et poursuivent des tirs de roquettes». Selon lui, «40 terroristes» ont été tués depuis le début de l'offensive.

Une démonstration de force qui ne n'impressionne guère le Hamas. Le mouvement islamique a estimé dans un communiqué que cette offensive «complique encore plus qu'avant» la question du sort du soldat israélien enlevé il y douze jours. Il promet que, suite aux violences de jeudi, Israël «paiera chaque goutte de sang».

De fait, malgré la pression militaire, les tirs de roquettes ne cessent pas. Six Qassam se sont abattues sur Israël vendredi. Cinq ont touché la ville de Sdérot, dans le desert de Néguev, faisant trois blessés.

Une sixième roquette s'est abattue sans faire ni victime ni dégâts, sur la ville d'Ashkelon, sur le littoral méditerranéen, au sud de Tel-Aviv. C'est après la chute d'une roquette mardi sur cette localité que l'offensive israélienne s'est renforcée.

Premier geste

Depuis Gaza, Mahmoud Abbas a condamné jeudi soir un «nouveau crime contre l'humanité». Le président palestinien, dont les appels à l'arrêt des tirs de roquettes sont restés sans effet, a exhorté la communauté internationale et le Conseil de sécurité «à faire pression sur le gouvernement israélien pour qu'il mette fin immédiatement à sa politique destructrice».

Selon plusieurs ONG, les attaques israéliennes compromettent l'acheminement des vivres, de l'eau et des services sanitaires dans la bande de Gaza. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a notamment demandé à Israël de lui assurer «un accès permanent» à cette région, quelle que soit la situation militaire sur place.

Dans ce contexte, le ministre de la Sécurité publique Avi Dichter a pour la première fois fait un geste en direction des activistes palestiniens. Il a indiqué que si le soldat israélien enlevé était libéré et que les Palestiniens cessaient leurs attaques contre Israël, l'Etat hébreu «savait comment procéder à une libération de prisoniers dans un geste de bonne volonté».

Aide européenne

Pour sa part, le représentant d'Israël à l'ONU Dan Gillerman a exclu que le Conseil de sécurité de l'ONU adopte un projet de résolution présenté par le Qatar demandant le retrait de son armée de Gaza. Il a dit s'attendre à un «veto» américain et à un appui européen.

De son côté, l'UE a débloqué une aide humanitaire de 34 millions d'euros en faveur des populations palestiniennes de Gaza, de Cisjordanie et du Liban. Cette somme doit servir à la distribution de nourriture, à fournir des emplois, un soutien psychologique ou encore améliorer les conditions sanitaires dans les Territoires palestiniens.

Enfin en Cisjordanie occupée, un activiste palestinien a été tué par des soldats israéliens à Naplouse, alors qu'un adolescent palestinien a succombé à ses blessures infligées la veille par des soldats à Jénine. (ats)

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