Corée du Sud: Gel du déploiement du bouclier antimissile
Publié

Corée du SudGel du déploiement du bouclier antimissile

Le nouveau président sud-coréen a ordonné une évaluation de l'impact environnemental du bouclier antimissile américain.

Deux lance-missiles ont été installés dans le comté méridional de Seongju, où les habitants sont très remontés contre ce qu'ils voient comme une menace pour l'environnement. (Mercredi 7 mai 2017)

Deux lance-missiles ont été installés dans le comté méridional de Seongju, où les habitants sont très remontés contre ce qu'ils voient comme une menace pour l'environnement. (Mercredi 7 mai 2017)

Keystone

La Corée du Sud va geler le déploiement du très controversé bouclier antimissile américain en attendant le résultat d'une évaluation de son impact environnemental ordonnée par le nouveau président Moon Jae-In, a annoncé mercredi le bureau présidentiel.

Avant son arrivée au pouvoir en mai, le nouveau président de centre-gauche s'était montré très réservé quant à l'opportunité de déployer le système Thaad (Terminal High Altitude Area Defense), annoncé en 2016 par la précédente chef de l'Etat conservatrice.

«Les Etats-Unis ont confiance dans la position officielle de la Corée du Sud qui est que le déploiement de Thaad (...) ne sera pas remis en cause», a réagi Gary Ross, un porte-parole du Pentagone. «Nous continuerons à travailler étroitement avec le gouvernement sud-coréen tout au long de ce processus», a-t-il ajouté.

Habitants très remontés

Deux lance-missiles ont été installés dans le comté méridional de Seongju, où les habitants sont très remontés contre ce qu'ils voient comme une menace pour l'environnement.

Le déploiement de Thaad, destiné à faire face aux menaces nord-coréennes, provoque aussi la colère de la Chine. Pékin considère que le puissant radar du système est susceptible de réduire l'efficacité de ses propres systèmes de missiles, en permettant aux Américains de mieux les surveiller.

Principal partenaire économique de la Corée du Sud, la Chine a pris une série de mesures considérées à Séoul comme des sanctions économiques. Il n'y a «aucun besoin de retirer» les deux lanceurs déjà installés, a déclaré à la presse un haut responsable du bureau présidentiel. Néanmoins, «tout déploiement supplémentaire (du Thaad) ne devra être effectué qu'une fois achevée l'évaluation de l'impact sur l'environnement».

«Nous ne voyons pas le processus de déploiement comme suffisamment urgent pour court-circuiter l'intégralité de l'évaluation de l'impact sur l'environnement», a-t-il observé. Ce gel intervient deux jours après l'annonce par le nouveau président d'une enquête «en bonne et due forme» sur l'impact environnemental du bouclier.

L'armée sous le feu des critiques

Quatre lanceurs supplémentaires, arrivés en Corée du Sud avant la prise de fonction de Moon Jae-In, sont actuellement stockés sur une base américaine dans ce pays où sont déployés quelque 28'500 soldats américains. Washington et Séoul sont liés par un traité de sécurité depuis la guerre de Corée (1950-53).

L'armée sud-coréenne s'est retrouvée la semaine dernière sous le feu des critiques, accusée par la présidence de lui avoir délibérément caché l'arrivée de ces quatre nouveaux lanceurs. Un haut responsable du ministère de la Défense a été démis de ses fonctions.

Le ministre de la Défense Han Min-Koo, nommé par l'ex-présidente Park Geun-Hye destituée en mars pour son rôle dans un énorme scandale de corruption, a fini par admettre la présence de ces nouveaux lanceurs lors d'une conversation téléphonique la semaine dernière avec Moon Jae-In.

L'armée sud-coréenne s'est justifiée en invoquant un accord de confidentialité avec l'armée américaine, selon une enquête menée auprès de ses responsables. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion