Suisse: General Electric licenciera moins que prévu
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SuisseGeneral Electric licenciera moins que prévu

Environ 400 postes sauvegardés par rapport au nombre annoncé

Le siège de Alstom (General Electric) à Birr en Argovie. Quelque 1305 licenciements étaient initialement prévus sur ses sites argoviens de Baden, Birr, Dättwil, Turgi et Oberentfelden. Aucune de ces structures ne sera par ailleurs fermée, annonce le groupe.

Le siège de Alstom (General Electric) à Birr en Argovie. Quelque 1305 licenciements étaient initialement prévus sur ses sites argoviens de Baden, Birr, Dättwil, Turgi et Oberentfelden. Aucune de ces structures ne sera par ailleurs fermée, annonce le groupe.

photo: Keystone

Le nombre de licenciements prévu par le géant industriel américain General Electric (GE), suite à sa reprise du pôle énergie du groupe français Alstom en novembre 2015, sera inférieur à ce qui avait été initialement annoncé. Le gouvernement argovien et les syndicats regrettent cependant le nombre toujours élevé de licenciements.

Le nombre potentiel de licenciements en raison des restructurations en cours sera ramené à quelque 900 sur les 5500 emplois que compte General Electric (GE) en Suisse, indique le géant industriel américain lundi dans un communiqué.

Quelque 1305 licenciements étaient initialement prévus sur ses sites argoviens de Baden, Birr, Dättwil, Turgi et Oberentfelden. Aucune de ces structures ne sera par ailleurs fermée, annonce le groupe.

La phase de consultation entamée mi-janvier est désormais terminée en Suisse, qui est ainsi le premier pays européen à passer ce cap, a précisé Michael Rechsteiner, directeur de GE Suisse, lors d'une conférence téléphonique. L'entreprise américaine entend maintenant passer à la phase de mise en oeuvre.

Baisse des licenciements encore attendue

Les fluctuations naturelles, les objectifs de synergies réduits et les recrutements internes pour de nouveaux postes permettent d'expliquer la différence entre janvier et aujourd'hui, a relevé Michael Rechsteiner. GE a annoncé la création de quelque 170 places dans l'unité Power Services entre 2016 et 2017, réaffirmant sa volonté d'avoir une «présence significative et durable en Suisse».

L'entreprise souligne avoir déjà implanté deux sièges internationaux à Baden (AG), pour ses entités Power Services et Steam Power Systems. Elle entend aussi maintenir des activités dans le domaine «Engineering» pour développer des «technologies d'avenir».

S'il salue ce développement, le gouvernement argovien espère que le nombre de licenciements sera «encore significativement» réduit. Le canton garantira le cas échéant avec GE la mise en place de mesures d'accompagnement pour les employés touchés, annonce-t-il. Le Conseil d'Etat souhaite que GE puisse exploiter le potentiel de développement et d'aménagement du canton.

Contacté par l'ats, le ministre de l'économie Johann Schneider-Ammann attend pour sa part de la direction de GE qu'elle «entreprenne tout ce qu'elle peut pour assurer autant que possible les places de travail en Suisse.» La création de 170 emplois confirme pour lui le fait que la Suisse reste attractive de par «son marché du travail flexible, le solide partenariat social et l'excellent système de formation duale».

Objectifs «pas encore atteints»

«Nos objectifs ne sont pas encore atteints», ont pour leur part estimé les représentants du personnel. Ils espèrent que moins de 650 collaborateurs soient finalement touchés par des licenciements, misant sur les créations de postes annoncées, sur des retraites anticipées et sur diverses autres mesures.

Le syndicat Employés Suisse a ainsi jugé «élevées» les chances que GE remette «sur le chemin du succès l'ancien domaine des turbines d'Alstom» avec quelques adaptations dans le portefeuille des produits, «et cela durablement».

«Il faut désormais examiner pour chaque place de travail remise en question si l'on peut vraiment y renoncer ou non. Il faut aussi étudier la possibilité de transférer des emplois à des entreprises tierces», préconise le syndicat.

Désindustrialisation inquiétante

«La plupart des suppressions d'emplois ne sont pas dues aux synergies entre GE et Alstom, mais uniquement à un appât du gain à court terme. Ces licenciements ne répondent à aucune nécessité», a pour sa part critiqué le syndicat Syna. Le franc fort pèse sur la productivité suisse, mais une amélioration est perceptible. Il n'a d'ailleurs pas été évoqué par GE, pointe Syna.

Le syndicat calcule qu'en tenant compte des départs naturels déjà observés, plus de 1100 postes seront finalement supprimés. Il s'inquiète plus généralement de la désindustrialisation et de la pression toujours élevée qui pèse sur l'industrie suisse, demandant une amélioration des conditions-cadres de l'industrie.

Regrettant que des licenciements soient malgré tout prononcés, Employés Suisse demande à ce qu'ils soient échelonnés, avec un «soutien actif» de GE. Le plan social actuel doit encore «être complété», selon le syndicat.

Restructuration achevée fin 2017

Le dialogue se poursuivra jusqu'à la fin de la restructuration, relèvent les représentants du personnel. Les personnes licenciées seront averties d'ici fin juillet, selon Michael Rechsteiner. Les licenciements s'étaleront sur un an et demi. La restructuration devrait être achevée en décembre 2017.

GE avait annoncé son plan de restructuration mi-janvier. Un phénomène de double emploi, des surcapacités, les faibles entrées de commandes et les perspectives maussades au niveau mondial avaient motivé cette réorganisation. Dans l'enchaînement, 500 personnes avaient manifesté à l'appel des syndicats contre la restructuration annoncée. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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