Actualisé 27.05.2009 à 12:26

Etats-UnisGeneral Motors vers le dépôt de bilan

Le constructeur automobile américain General Motors (GM) a annoncé mercredi l'échec de la restructuration de sa dette obligataire, qui a recueilli une adhésion des créanciers moindre que le montant visé, rendant un dépôt de bilan de l'entreprise quasi inéluctable.

Le numéro un américain de l'automobile s'était fixé pour objectif d'obtenir l'accord de 90% de ses porteurs de dette obligataire.

GM proposait à ces créanciers de convertir leurs titres en actions du groupe. Dans le schéma initialement présenté, ces derniers devaient recevoir 10% du capital du constructeur, ce qui avait poussé leurs représentants à se juger mal traités par rapport à d'autres parties prenantes.

L'offre n'ayant pas reçu l'accueil escompté, elle ne sera pas menée à son terme, a indiqué le groupe dans un communiqué.

Le conseil d'administration de GM va se réunir pour discuter des mesures à prendre à la lueur de l'échec de son offre.

La restructuration de 27,2 milliards de dette non garantie était l'une des conditions posée par le Trésor américain pour éviter au constructeur un dépôt de bilan. L'échéance pour ce faire reste fixée au 1er juin.

Selon une source proche du dossier, l'échec de l'offre avait été anticipée par le gouvernement. «Ce n'est pas une chose qui fait peur au gouvernement», indiquait-on dès mardi en reconnaissant le peu d'intérêt des créanciers obligataires et le probable dépôt de bilan du constructeur qui devrait suivre.

Initialement, à l'issue de l'opération, le capital du «nouveau» GM devait être détenu à 10% par les créanciers, contre 39% pour un fonds géré par le syndicat de l'automobile UAW et plus de 50% pour l'Etat fédéral.

Mais une source syndicale a indiqué mardi que, finalement, la part revenant au syndicat ne s'élèverait plus qu'à 17,5% (et potentiellement 20%), la différence s'expliquant par l'apport de 9 milliards de dollars en titres de dette à l'UAW, offrant une plus grande sécurité en matière de rendement.

Selon le quotidien Wall Street Journal, l'Etat fédéral se retrouverait finalement à la tête d'une participation plus importante, autour de 70%, reflétant les sommes colossales qu'il va lui falloir injecter dans le groupe pendant la durée de sa restructuration sous contrôle judiciaire.

L'administration Obama serait ainsi prête à injecter jusqu'à 50 milliards dans le premier constructeur automobile du pays, pour éviter une liquidation qui pourrait avoir des conséquences en chaîne sur l'ensemble de l'économie.

L'Etat fédéral ne resterait actionnaire que «pour une très courte période» seulement, et n'entendrait jouer en tout état de cause qu'«un rôle aussi minime que possible», affirmait mardi soir cette source proche du dossier.

Un dépôt de bilan de GM serait beaucoup plus compliqué que celui de son petit rival Chrysler, qui n'est pas coté et peu internationalisé. (afp)

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