Médecine légale: Genève à la pointe pour faire parler ses morts
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Médecine légaleGenève à la pointe pour faire parler ses morts

Les HUG sont désormais équipés de l'un des centres les plus modernes du monde pour pratiquer leurs autopsies. Quelque 350 dépouilles passent entre les mains des spécialistes chaque année.

par
tpi
Le docteur Joannes Alexander Lobrinus, devant l'une des nouvelles tables d'autopsie des HUG. (Photo: 20Minutes)

Le docteur Joannes Alexander Lobrinus, devant l'une des nouvelles tables d'autopsie des HUG. (Photo: 20Minutes)

photo: Kein Anbieter

«Jusqu'à présent, en cas de catastrophe de masse, on aurait dû réquisitionner la patinoire des Vernets. Maintenant on a un outil nettement plus pratique.» Sous la conduite du médecin adjoint au service de pathologie clinique, le docteur Joannes Alexander Lobrinus, les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) inauguraient ce lundi matin leur nouveau centre consacré aux autopsies. A commencer par la nouvelle chambre froide, qui peut accueillir jusqu'à cent cadavres simultanément.

Exploités conjointement par le service de pathologie clinique des HUG et le Centre universitaire romand de médecine légale (CURL), ce plateau technique flambant neuf est l'un des plus modernes du monde. Il intègre notamment une salle de travail hypersécurisée pour analyser en toute sécurité des dépouilles infectées par des maladies hautement contagieuses.

Dans la pièce voisine, un scanner est entièrement réservé au service. Là, l'unité d'imagerie forensique peut injecter un produit dans les tissus d'un cadavre et observer des lésions impossibles à détecter sans cette technique. «C'est révolutionnaire», assène le docteur Fabrice Dedouit, responsable de l'unité. Seuls six centres hospitaliers dans le monde, dont celui de Lausanne, exploitent une telle technologie actuellement.

Chaque année, ce sont 150 décès naturels qui sont analysés par le service de pathologie clinique, «pour comprendre les causes de la mort et par intérêt médical et scientifique», précise Joannes Alexander Lobrinus. En parallèle, le CURL procède à 200 autopsies sur mandat de la justice.

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