Finances cantonales: Genève boucle sur un bénéfice de 273 millions
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Finances cantonalesGenève boucle sur un bénéfice de 273 millions

Le canton de Genève boucle dans les chiffres noirs en 2010, avec un surplus de 273 millions de francs.

Le canton de Genève tablait, à tort, sur un déficit.

Le canton de Genève tablait, à tort, sur un déficit.

Les comptes 2010 du canton de Genève affichent un bénéfice de 273 millions de francs alors que le budget tablait sur un déficit de 358 millions. D'importantes recettes non récurrentes ont permis d'inverser les prévisions.

Il s'agit du 5e exercice bénéficiaire successif, a déclaré le grand argentier du canton David Hiler jeudi devant la presse. Ce résultat est inespéré compte tenu de la violence de la crise de 2008- 2009 et de la diminution des recettes fiscales.

Echange de terrains

Cependant, l'excédent de fonctionnement est alimenté par des recettes non récurrentes sur lesquelles l'Etat ne pourra pas compter à l'avenir. Elles proviennent de l'importante plus-value (316 millions) générée par des échanges de terrains entre l'Etat et la Fondation pour les terrains industriels dans le cadre du projet Praille-Acacias-Vernets, a rappelé le président du Conseil d'Etat Mark Muller.

La mise en oeuvre de recommandations de l'Inspection cantonale des finances notamment en matière d'immobilisations a aussi amélioré le résultat de 112 millions. Inversément, la caisse de pensions de la police et de la prison a bénéficié d'une cotisation spéciale de 25 millions. Sans ces éléments, les comptes 2010 afficheraient un déficit d'environ 130 millions.

Record historique

Dans le détail, les revenus 2010 se montent à 8,142 milliards et les charges à 7,869 milliards. Les dépenses d'investissement ont atteint un record historique de 800 millions, a souligné Mark Muller. Elles ont progressé de 33% par rapport aux comptes 2009.

Cette évolution reflète les efforts entrepris par le Conseil d'Etat pour rattraper le retard du canton en matière d'infrastructures. Les investissements sont destinés pour moitié à la mobilité et consacrés notamment à l'extension du réseau de tramways.

Par rapport au budget, le taux de réalisation des dépenses brutes d'investissements atteint 86%. Ce résultat est remarquable compte tenu de lenteurs judiciaires qui freinent plusieurs projets, dont le CEVA, a souligné le président du Conseil d'Etat.

Dette en léger recul

Malgré le très haut niveau d'investissement, la dette a diminué à 10,5 milliards, soit 266 millions de moins qu'en 2009. Le ratio entre la dette et le revenu s'est amélioré à 136% contre 209% à fin 2005. Pour être «tranquille», il faudrait être à 100%, a expliqué David Hiler.

Les recettes fiscales diminuent de 395 millions par rapport à 2009 malgré une reprise vigoureuse. Elles sont affectées par la baisse d'impôts en faveur des familles entrée en vigueur en 2010 (350 millions) et par l'arrêt du Tribunal fédéral relatif à la déduction des frais effectifs des contribuables imposés à la source.

Réserve conjoncturelle

Les charges sont bien maîtrisées avec une progression de 0,5%. Celles du personnel ont augmenté de 3,8%, les subventions dans le domaine du social de 3,4%, alors que les dépenses générales diminuent de 3,8%.

Le Conseil d'Etat propose au Grand Conseil d'affecter la moitié du bénéfice 2010 à la réserve conjoncturelle, soit 137 millions de francs. La réserve se montera à 1,042 milliard et permettra d'affronter la prochaine crise, a souligné David Hiler.

Avertissement

L'équilibre structurel des finances publiques est certes préservé malgré la baisse l'impôt. Mais il est devenu fragile, au vu de risques financiers avérés, notamment dans le domaine de la santé, a prévenu David Hiler.

Le ministre écologiste a averti les défenseurs de la décroissance et les politiciens en campagne électorale: l'atout de Genève c'est la vigueur de son économie. Il faut bien peser le pour et le contre avant de compliquer la vie des entreprises qui viennent s'implanter dans le canton pour son attractivité et sans exonération fiscale. (ats)

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