Actualisé 17.05.2016 à 12:00

AccueilGenève cherche à mettre les réfugiés au travail

Au bout du lac, plus de 1600 personnes réfugiées sont en droit d'exercer une activité professionnelle, mais ne sont pourtant pas employées. L'Etat veut favoriser leur embauche.

Le travail dans les champs est l'un des domaines dans lesquels les réfugiés peuvent être formés.

Le travail dans les champs est l'un des domaines dans lesquels les réfugiés peuvent être formés.

photo: Keystone/Michael Nelson

Les réfugiés titulaires d'un permis F ou B, voire C, sont autorisés à travailler en Suisse. A Genève, 2234 personnes se trouvent dans cette situation. Pourtant, 70% d'entre elles, soit 1619, ne sont pas employées. Les autorités vont lancer un programme pour faciliter leur embauche, annonce la «Tribune de Genève». Un premier frein à l'engagement de réfugiés devrait bientôt être levé du côté de Berne. La Confédération prélève en effet une taxe spéciale de 10% sur le salaire de ces personnes, pour couvrir les frais de leur procédure d'asile. Ce fonctionnement sera prochainement abandonné. L'engagement de personnes réfugiées deviendra alors plus attractif.

En parallèle, Genève a lancé un programme «d'employabilité» par étapes, où l'apprentissage du français est placé au cœur du dispositif. Une formation est dispensée dans sept secteurs ciblés: la restauration, le bâtiment, l'économie domestique, l'hôtellerie, le nettoyage, la santé et l'agriculture. L'Etat y voit aussi le moyen d'adoucir les effets d'une mise en œuvre de l'initiative contre l'immigration de masse, votée le 9 février 2014, qui impose aux cantons des quotas de travailleurs étrangers.

L'ensemble des partenaires sociaux saluent la démarche du Département de l'économie, piloté par le conseiller d'Etat Pierre Maudet. Son collègue chargé de l'emploi, Mauro Poggia, émet une unique réserve. Il craint que cette main-d'œuvre constitue une concurrence déloyale pour les demandeurs d'emploi genevois. Les syndicats écartent son doute, car les secteurs listés sont tous régis par une convention collective de travail. Les personnes réfugiées seront alors engagées sur les mêmes bases tarifaires que les travailleurs locaux.

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