Actualisé 12.10.2008 à 06:05

Constituante

Genève choisira dans une semaine ses 80 représentants

En février, le peuple genevois a voté à près de 80 % pour une nouvelle constitution cantonale.

Le 19 octobre, les électeurs sont appelés à désigner leurs 80 représentants, qui auront quatre ans pour rédiger la charte fondamentale.

Si l'extrême gauche et l'UDC se sont opposés à la «révision totale» de la constitution, la grande majorité des formations l'ont acceptée. Parmi les enjeux qui justifient une refonte de la loi, les autorités ont notamment avancé les relations transfrontalières et celles entre le canton et les communes.

Un demi-millier de candidats

La constitution définit les droits et devoirs fondamentaux des individus, l'organisation du système politique ainsi que les buts et les tâches de l'Etat. Le texte actuellement en vigueur date de 1847; c'est le plus ancien de Suisse. Il a été modifié à quelque 120 reprises, dont une vingtaine au cours des dix dernières années.

Ils sont 527 candidats, répartis sur 18 listes électorales, à vouloir rédiger la nouvelle constitution. Un tiers sont des femmes. Outre les partis traditionnels, plusieurs groupes d'intérêt ou de simples citoyens se sont mobilisés. La doyenne est âgée de 85 ans, tandis que le benjamin vient d'avoir 18 ans.

Garantir la représentativité

L'Assemblée est élue au système proportionnel. Pour élargir sa représentativité, le quorum a été abaissé de 7 % à 3 %. Les listes atteignant cette proportion de votes valides disposeront d'au moins un siège. L'apparentement entre listes n'est pas autorisé, mais le panachage (ajouter un nom) et le latoisage (biffer un candidat) sont permis.

Les élus établiront eux-mêmes leur règlement. Des règles sont néanmoins déjà fixées. L'Assemblée s'organise en commissions, elle «s'assure le concours d'experts» et auditionne les groupements représentatifs de la vie genevoise. Ses membres touchent les mêmes indemnités que les députés, soit 110 francs de l'heure.

Quatre ans et des enjeux multiples

Si les conseillers d'Etat n'ont pas le droit de siéger à la Constituante, ils peuvent en revanche assister aux séances, «avec voix consultative», et émettre des propositions.

D'ici au 19 octobre 2012, l'Assemblée devra soumettre au peuple son projet de constitution. Si le texte est refusé dans les urnes, «la révision totale» aura échoué. Ce fut le cas en 1862, lorsque les citoyens genevois rejetèrent la proposition de la première et dernière Constituante.

Les thèmes qui préoccupent les candidats sont nombreux. Droits politiques, aménagement du territoire, environnement et acquis sociaux sont notamment évoqués. Les relations régionales et transfrontalières, l'organisation de l'Etat et la répartition des compétences entre canton et communes figurent aussi parmi les enjeux régulièrement mentionnés.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!