Actualisé 04.03.2010 à 17:39

Apprentis sans-papiersGenève emboîte le pas à Lausanne

La Ville de Genève est prête à engager des jeunes sans statut légal, selon la conseillère administrative Sandrine Salerno.

Elle veut leur offrir quelques places d'apprentissage dès la prochaine rentrée. Le canton privilégie la formation en centres socio-professionnels.

Le Conseil d'Etat n'est pas là pour approuver un certain nombre de démarches illégales comme l'accès à l'apprentissage en entreprise, et donc au sein de la ville de Genève, a souligné Charles Beer, chef du Département de l'instruction publique, confirmant des informations de divers médias. Il a néanmoins apporté quelques nuances à cette position.

Pas de jeunes à la rue

D'une part, le droit fédéral va probablement changer sous les effets de deux motions contraignantes. D'autre part, le canton privilégie depuis longtemps la voie de l'apprentissage à plein temps dans les centres socio-professionnels. Tous les jeunes y sont admis, a rappelé le conseiller d'Etat.

Le canton travaille également sur des années de transition entre l'école obligatoire et la formation proposée à tous les jeunes en difficulté. Pour l'apprentissage en entreprise, il faut donc trouver d'autres solutions, a relevé le conseiller d'Etat.

Un clandestin en formation a aussi la possibilité dans le canton de déposer une demande de régularisation. Le but est d'éviter à tout prix d'envoyer des jeunes dans la rue, a-t-il ajouté. Le canton compte par ailleurs réactiver une demande de régularisation de 5000 personnes travaillant dans l'économie domestique et toujours en suspens à Berne.

La Ville prête

La ville de Genève est solidaire de Lausanne qui a eu raison de jeter un pavé dans la mare, a déclaré Sandrine Salerno dans une interview publiée jeudi dans le «Courrier». Elle offrira quelques places aux clandestins.

«Nous ne voulons faire aucune distinction entre les jeunes avec ou sans papiers. C'est pourquoi la Ville a doublé le nombre de places qu'elle offre, passant de 60 à 80 lors de la prochaine rentrée», a poursuivi la conseillère administrative.

«Comme Lausanne, nous dépendons du canton qui signe les contrats d'apprentissage et délivre les diplômes. La Ville peut se dire prête, mais il faut l'aval du canton, lui-même subordonné au couperet fédéral. Ceci dit, il existe toujours une marge d'interprétation des lois.»

Le canton pourrait peut-être offrir des permis de travail provisoires, a-t-elle suggéré. Et si les lois peuvent parfois être interprétées, il faut parfois savoir passer outre.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!