France: Genève invitée à discuter de la centrale du Bugey
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FranceGenève invitée à discuter de la centrale du Bugey

Après la plainte de la ville et du canton visant le site nucléaire voisin, ses représentants vont intégrer la commission locale d'information.

photo: Keystone/Image d'illustration

Des représentants du canton de Genève, qui a déposé une plainte visant la centrale nucléaire du Bugey «pour mise en danger de la vie d'autrui et pollution des eaux», participeront vendredi à une réunion d'information dans l'Ain. Il s'agit d'une première en France.

«Comme le permet la loi sur la transition énergétique, c'est la première fois que nous accueillerons nos voisins suisses. C'est même la première fois que des représentants étrangers participeront à une commission locale d'information», a indiqué à l'AFP le président du conseil départemental, Damien Abad.

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie et de l'Energie, a rendu publique cette invitation le 3 mars, au lendemain du dépôt d'une plainte contre X par la ville et le canton de Genève, une démarche à laquelle sont associées quatre personnes habitant dans le voisinage de la centrale du Bugey.

Présidée par la vice-présidente du département, Véronique Baude, la réunion auprès du Centre nucléaire de production d'électricité du Bugey a une mission d'information du public concernant la sûreté des installations classées.

Initialement prévue le 4 avril, la commission d'information se tiendra vendredi après-midi à Saint-Vulbas, commune sur laquelle est implantée la centrale. Parmi les points à l'ordre du jour, l'accueil de nouveaux membres, dont le canton de Genève, et sa plainte.

Cette plainte devrait aussi permettre de soulever la question de l'Iceda, un lieu de conditionnement et d'entreposage de déchets radioactifs qui doit être construit sur le site du Bugey, selon les voeux d'EDF.

«Dialogue très étroit»

«Je me réjouis de cette présence qui sera pérenne. Il est toujours utile de pouvoir discuter d'un certain nombre d'interrogations ensemble plutôt que par médias interposés afin d'éviter tout amalgame politicien ou idéologique», a commenté Damien Abad. «Nous avons un dialogue très étroit avec les autorités genevoises. C'est un moyen pour nous d'être transparent par rapport au Bugey», a-t-il ajouté.

Les opposants français à la centrale se réjouissent également de la présence de représentants suisses à cette réunion d'information «car ils sont largement concernés», relève Jean-Pierre Collet, du collectif anti-nucléaire Stop-Bugey. «Ça met en lumière les dysfonctionnements que nous dénonçons depuis plusieurs années», a-t-il ajouté.

70 km à vol d'oiseau

Esther Alder, maire de Genève, avait indiqué lors d'une conférence de presse début mars vouloir «absolument la fermeture de la centrale du Bugey, dont la dangerosité est avérée». Le conseiller administratif Rémy Pagani, en charge du Département des constructions et de l'aménagement, a comparé la centrale à une «machine infernale».

Genève est distante, à vol d'oiseau, d'environ 70 kilomètres de la centrale du Bugey, la plus ancienne encore en activité en France après celle de Fessenheim. En cas de grave accident, il faudrait évacuer la population.

On dénombre plusieurs dizaines de commissions locales d'information, notamment à proximité des 19 centrales nucléaires françaises. Elles associent élus, représentants de l'État, de l'Autorité de sûreté nucléaire, associations de riverains et opposants. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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