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MobilitéGenève, labo européen des véhicules autonomes

L'université pilote un projet européen mené dans quatre pays. Au moins quatre bus sans chauffeur seront testés durant quatre ans au bout du lac.

par
Jérôme Faas
Les TPG possèdent un bus autonome qu'ils ont déjà testé sur domaine privé à l'occasion du salon de l'automobile. Il sera utilisé lors de l'étude européenne, en compagnie d'autres véhicules de quatre à douze places.

Les TPG possèdent un bus autonome qu'ils ont déjà testé sur domaine privé à l'occasion du salon de l'automobile. Il sera utilisé lors de l'étude européenne, en compagnie d'autres véhicules de quatre à douze places.

Laurent Guiraud - TDG

Le canton du bout du lac a été choisi pour accueillir jusqu'en 2022 des tests de véhicules autonomes. Le projet européen, intitulé «AVENUE», est piloté par l'Université de Genève. Il compte seize partenaires, dont cinq suisses: l'alma mater, l'Etat de Genève, les Transports publics genevois (TPG) et deux start-up lémaniques, MobileThinking et BestMile. Il sera aussi mené à Lyon (F), au Luxembourg et à Copenhague (Dan). Son budget est de 22 millions d'euros, dont 16 millions d'euros proviennent de la Commission européenne.

Quatre véhicules testés durant quatre ans

Les Transports publics genevois (TPG) disposent déjà d'un bus sans chauffeur (testé en présence d'un opérateur, constamment présent à son bord), qu'ils désirent utiliser sur la ligne expérimentale XA entre Meyrin-Gare et la ligne de tram 18. Ils attendent l'autorisation de l'Office fédéral des routes pour lancer l'expérience. Avec AVENUE, quatre véhicules de 4 à 12 places seront testés durant quatre ans. L'idée est de les essayer dans des zones mal desservies par les TPG, afin de rabattre les usagers sur les grandes lignes.

Contraintes administratives

Porte-parole des TPG, François Mutter espère que ces véhicules autonomes seront susceptibles de circuler à Genève d'ici quelques mois. En effet, ils devront d'abord obtenir le feu vert fédéral. Or, le bus que la régie publique projette d'utiliser à Meyrin, acquis en août 2017, est toujours dans l'attente du fameux sésame. «Ces contingences administratives seront d'ailleurs elles aussi un des objets d'étude de l'Université», indique François Mutter. Porte-parole de l'alma mater, Marco Cattaneo abonde. «Des expériences sont actuellement menées en France dans des zones où chaque passager doit signer une décharge pour emprunter un tel véhicule.»

L'étude de l'Université a donc vocation à ne pas s'arrêter aux caractéristiques techniques de ces bus, mais à décortiquer leur insertion dans la société au sens large (tissu urbain, lois, besoins des utilisateurs). Selon François Mutter, «l'intérêt pour l'Université, c'est de bénéficier de notre expérience et de l'ensemble de nos outils de monitoring.»

Lignes existantes pas menacées

Les TPG seront chargés d'identifier les zones susceptibles d'accueillir ces expériences. Elles seront ensuite validées au sein du projet genevois. «Il faut des lieux avec des caractéristiques utiles pour la totalité de l'étude, qui soient cartographiés par le menu et qui puissent être connectés au réseau principal de transport existant», précise Marco Cattaneo.

Le projet n'est pas, insiste-t-il, d'utiliser ces bus autonomes au centre-ville. Et encore moins de remplacer des lignes existantes par des robots. «Il s'agit de déterminer dans quelle mesure on peut offrir des solutions de desserte plus fines, par exemple pour les personnes âgées», développe François Mutter. Et aussi de voir si de tels véhicules permettraient d'irriguer certains secteurs que les critères de rentabilité empêchent aujourd'hui de sillonner.

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