Finance (GE): Genève lève 660 millions grâce à l'argument vert

Actualisé

Finance (GE)Genève lève 660 millions grâce à l'argument vert

Le canton a émis des obligations «écologiques» pour refinancer les
travaux du CEVA. Gros succès.

par
Jérôme Faas
Largent emprunté servira à refinancer la dette liée au RER qui sera mis en service le 15 décembre.

Largent emprunté servira à refinancer la dette liée au RER qui sera mis en service le 15 décembre.

Lucien Fortunati

Mardi, le canton a emprunté 660 millions de francs. Particularité de l'opération: elle a été réalisée via des obligations (lire encadré) «vertes». Les investisseurs ont été attirés par un placement finançant un projet à l'impact positif sur l'environnement et le climat. Ici, cet argent servira à refinancer les coûts de construction du CEVA, le futur RER transfrontalier.

C'est la deuxième fois que Genève, pionnier suisse en la matière en 2017, procède ainsi. «Cet emprunt a connu un succès très rapide», s'est félicitée Nathalie Fontanet, cheffe PLR des Finances. La demande n'a pas pu être entièrement satisfaite. Ces obligations vertes sont certifiées par une entreprise indépendante, Vigeo Eiris, qui suit les principes en la matière de l'International Capital Market Association. Elle s'assure que l'émetteur (là, Genève) respecte ses critères en matière d'environnement, de social et de gouvernance. Et elle analyse le projet financé pour s'assurer de ses effets bénéfiques. L'État et le CEVA cochaient toutes les cases.

Sur le prix, que l'obligation soit verte ou pas ne change rien pour l'État, indique Pierre Béguet, directeur général des Finances. Mais la verdure gonfle la demande. «Je ne suis pas sûr que nous aurions pu atteindre 660 millions autrement.» C'est aussi un déclencheur pour les caisses de pension, note-t-il. Et ce type de produit possède un autre avantage: il attire de nouveaux investisseurs. «Lors de cette opération, près de 10%, essentiellement étrangers, n'avaient jamais investi à Genève. C'est très important pour le canton.»

L'obligation, mode d'emploi

Une obligation est un engagement. L'émetteur, ici l'État de Genève, emprunte à un investisseur. Il s'engage à le rembourser à une date et avec un intérêt prédéterminés. Ce placement et donc synonyme de revenu sûr, mais faible vu le peu de risques. Genève a emprunté 175 millions qu'il rendra dans 8 ans et demi avec 0% d'intérêts, 285 millions à 0,125% qu'il remboursera dans 12 ans et demi et 200 millions à 0,3% qu'il restituera dans 20 ans.

Ton opinion