Dons d'hémoglobine: Genève manque cruellement de sang
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Dons d'hémoglobineGenève manque cruellement de sang

Un Français peut donner 1,5 fois plus de sang qu'un Genevois. Malgré une pénurie récurrente, les médecins jouent la prudence.

par
tpi

«Nous prélevons 17 000 poches par an, mais il nous en manque environ 6000.» Responsable du Centre de transfusion sanguine (CTS) de l'Hôpital cantonal (HUG) le docteur Emmanuel Rigal déplore un constat valable depuis plusieurs années: le nombre des dons sanguins est insuffisant pour couvrir les besoins de l'institution. Un déficit dû au fait que les HUG traitent de nombreux patients qui n'habitent pas le territoire cantonal et donc ne donnent pas leur hémoglobine à Genève.

Pour palier à ce manque, un million de francs est investi chaque année pour se fournir auprès d'autres cantons. Un état de fait qui fait bondir Martin. Car ce donneur régulier s'est rendu compte qu'à quelques kilomètres de chez lui, le gouvernement français autorisait les hommes en bonne santé à se faire prélever de l'hémoglobine six fois par an, contre quatre en Suisse. Pour les femmes, le quota est de trois fois de ce côté-ci de la frontière, contre quatre dans l'Hexagone. «Si on pouvait donner comme en France, on augmenterait de 50% les dons masculins et de 30% les féminins», martèle-t-il.

«C'est un débat très important, reconnaît Emmanuel Rigal. La mesure française est récente et nous n'en connaissons pas les dangers sur le long terme. En Suisse, nous privilégions la sécurité et le bien-être des donneurs. Nous ne voulons pas les rendre anémiques.» La Croix-Rouge, qui supervise les prélèvements au niveau fédéral, ne compte d'ailleurs pas élever le nombre de dons autorisés. Mais le CTS espère voir 3000 nouveaux Genevois se mobiliser, ce qui résoudrait le problème.

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