Grève des femmes: Genève ne se stresse pas pour encourager les jeunes

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Grève des femmesGenève ne se stresse pas pour encourager les jeunes

Le Parlement ne veut pas traiter en urgence une motion concernant la grève des femmes. Les Verts sont déçus.

par
Lucie Fehlbaum
La grève des femmes est prévue le 14 juin.

La grève des femmes est prévue le 14 juin.

AFP/Ander Gillenea

Les Verts genevois sont déçus. Ils demandent au Parlement de se prononcer sur une question simple: va-t-il faciliter, ou non, la participation des étudiantes à la grève des femmes du 14 juin en incitant les établissements scolaires à laisser ce jour libre d'examen? Subtilité logistique, cette motion, rédigée par la Verte Adrienne Sordet, pourrait être traitée après la journée de juin consacrée à la grève. Son parti a donc demandé l'urgence pour la seconde fois jeudi. Elle a encore été refusée par les élus au Grand Conseil. Le Collectif genevois pour la grève des femmes pourrait s'adresser directement au Département de l'instruction publique (DIP) pour lui demander d'exclure les tests le jour de la mobilisation. Deux collèges auraient déjà annoncé prendre les devants et libérer la journée du 14 juin.

Message clair des vaudois

«Ce petit pas en avant, qui ne coûtait presque rien à la droite, semble être un effort surhumain. Effort pourtant possible puisque le département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC) du canton de Vaud a décidé de suspendre les examens lors de la grève du 14 juin», a écrit la rédactrice de la motion. En effet, le DFJC a envoyé un signal politique clair. «Il s'agit de protéger les élèves et les étudiants dans leur cursus d'apprentissage et d'évaluation. Pour éviter d'éventuels problèmes organisationnels, ou des inégalités de traitement, nous avons demandé aux établissements de l'école obligatoire et postobligatoire de ne pas prévoir d'épreuves ou d'examens ce jour-là», informe Julien Schekter, porte-parole du DFJC. Les Hautes écoles et filières professionnelles vaudoises ont aussi reçu la demande d'éviter au mieux les tests le 14 juin. De son côté, le DIP genevois «n'entend pas s'exprimer à ce stade, les processus d'organisation étant encore en cours».

Importance vitale

Pour l'élu PLR Simon Brandt, le thème n'est pas urgent et pourrait être traité au cours des prochaines sessions du Grand Conseil, sans en faire une priorité. «Quatre ou cinq sessions nous séparent du 14 juin et nous avons le temps d'en débattre. Il n'y a rien d'urgent car cette question relève de la seule compétence du DIP.»

«L'article 12 de la Loi sur l'instruction publique donne mandat au DIP de sensibiliser et promouvoir l'égalité entre femmes et hommes, rappelle Kaya du Collectif genevois de la Grève des femmes. Le mouvement s'inscrit dans le cadre de la précédente grève des femmes de 1991. Il a une importance vitale et historique pour les élèves. Nos revendications coïncident avec les leurs et celles des enseignantes. Le refus du Parlement ne changera rien à leur force.»

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