Actualisé 03.09.2019 à 10:44

GenèveGenève priée de financer les animaux du monde

Un conseiller municipal PLR veut allouer une partie du fonds de solidarité internationale à la protection de la faune.

de
Lucie Fehlbaum
L'élu voudrait par exemple aider l'ambulancier syrien qui recueille et nourrit des chats abandonnés à Alep.

L'élu voudrait par exemple aider l'ambulancier syrien qui recueille et nourrit des chats abandonnés à Alep.

AFP

«Au Vietnam, ils mettent des ours en cage pour prélever leur bile. A Alep, des centaines de chats sont abandonnés.» Ces exemples, et d'autres encore, ont ému Simon Brandt, conseiller municipal PLR en Ville de Genève et candidat à l'Exécutif. Il veut agir et va déposer une motion s'intéressant au fonds de solidarité internationale de la commune. Son budget total est de 5,5 millions de francs et l'élu veut en allouer 40% à la sauvegarde des animaux du monde. «Nous pourrions subventionner des SPA et ainsi créer de l'emploi, ou convertir une activité, en rémunérant par exemple les gens pour s'occuper des ours au Vietnam plutôt que pour les utiliser.»

Des sous en plus

Une idée qui pourrait séduire le conseiller municipal Vert Alfonso Gomez, lui aussi candidat à l'Exécutif. «Mais ce texte est pervers, tempère-t-il. L'aide ici proposée se fait au détriment de l'être humain, Mieux vaut un fonds en plus pour aider la biodiversité. C'est ce que nous proposerons.» Par ailleurs, la conseillère administrative et maire de Genève Sandrine Salerno, en charge du fonds d'entraide, rappelle que «le PLR n'a jamais voté les budgets relatifs à la solidarité internationale, ils ont même été de ceux qui n'ont eu de cesse de les diminuer.» Selon l'élue socialiste, il s'agit pour Simon Brandt d'une position électoraliste, qui «démontre le manque de connaissance du PLR sur les enjeux de développement durable, une des priorités inscrites dans le règlement. La protection de la biodiversité en fait évidemment partie.» 

Pourtant, l'auteur du texte affirme que la gauche ne l'a pas toujours soutenu tandis qu'il proposait de l'aide à des refuges locaux, comme Darwin, qui recueille des chevaux. «La gauche a divisé sa subvention par six alors que le projet de cette association était magnifique. Mais en politique, les gens n'aiment pas les questions animales.» Simon Brandt porte ainsi un autre projet, qui permettra, lui, de financer les initiatives locales pour la protection des bêtes.

Déjà un peu écolo

Le fonds de solidarité internationale est doté de 5'501'100 fr. Une partie est gérée par la Fédération genevoise de coopération et 3,1 millions sont distribués par la Ville. Sept experts formulent des préavis pour les demandes de financement dès 60'000 fr. Les priorités se portent sur la réduction de la pauvreté, la promotion des droits humain et le développement durable. Selon Valentina Wenger, collaboratrice de la maire de Genève, «10% des projets soutenus relèvent déjà du domaine environnemental».

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