Formation - Genève veut sauver ses places d’apprentissage
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FormationGenève veut sauver ses places d’apprentissage

Comme l’an dernier, le Canton craint une baisse du nombre de places d’apprentissage en entreprise à la rentrée. Des mesures ont été prises.

par
Léonard Boissonnas
Genève compte plus de 2000 entreprises formatrices.

Genève compte plus de 2000 entreprises formatrices.

Getty Images/iStockphoto

Promouvoir l’apprentissage et surtout conserver le nombre de places disponibles en la matière à la rentrée: c’est un peu le double défi que doit relever le Département de l’instruction publique (DIP). Il a annoncé mardi la poursuite de son plan d’urgence du printemps 2020, quand mille places risquaient de manquer, au début de la crise sanitaire. Cela avait porté ses fruits: 2583 contrats avaient été signés, soit trois de plus qu’en 2019. «On revient de loin», a souligné la conseillère d’État Anne Emery-Torracinta, cheffe du DIP. Toutefois, il faut remettre l’ouvrage sur le métier: selon un récent sondage, près de 30% des entreprises formatrices songent à renoncer à engager un apprenti et environ 20% hésitent.

Premiers salaires pris en charge

Parmi les mesures reconduites qui avaient montré leur efficacité l’an dernier, la prolongation du délai de signature du contrat au 31 octobre (434 contrats avaient été signés entre août et novembre 2020), la possibilité pour un futur apprenti d’entamer sa formation théorique dans l’attente d’une entreprise formatrice, également des aides financières comme la prise en charge des trois premiers mois de salaire de l’apprenti pour les sociétés en difficulté économique (427 entreprises en avaient bénéficié en 2020), ou encore l’octroi d’une prime unique de 3000 francs pour chaque nouvelle entreprise formatrice, soit 117 l’année dernière.

Favoriser les entreprises qui forment

Enfin, une nouvelle disposition a été présentée mardi. Il s’agit de favoriser les sociétés formatrices lors d’attribution de certains marchés publics. En clair, lorsqu’il s’agira de s’adresser à des tiers en matière de fournitures et de services jusqu’à 250’000 fr ou de travaux jusqu’à 500’000 fr, le Canton devra solliciter ces entreprises en priorité, sans garantie d’octroi toutefois. Avec cette mesure, le DIP espère également inciter les sociétés qui ne proposent pas encore de places d’apprentissage à le faire.

Parent pauvre de l’apprentissage dual

En Suisse, Genève fait figure de parent pauvre en matière d’apprentissage dual (soit la formation pratique en entreprise et la théorie dans un centre de formation professionnelle). Au bout du lac, 1,7% des emplois sont occupés par des apprentis, contre 4,7% au niveau national. Pour rejoindre la moyenne suisse, il faudrait 8500 places d’apprentissage de plus que les 5000 existantes. «C’est dire si on est loin du compte», a constaté Anne Emery-Torracinta.

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