George W. Bush: un président sortant mais pas encore sorti
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George W. Bush: un président sortant mais pas encore sorti

George W. Bush a achevé lundi au Royaume-Uni sa tournée d'adieux en Europe. Combatif sur l'Irak et marquant des succès diplomatiques, le président américain a montré qu'il fallait encore compter avec lui.

A sept mois de son départ de la Maison Blanche, de nombreux Européens avaient déjà tiré un trait sur M. Bush, tournant leur regard vers son successeur. Les traditionnelles manifestations anti- Bush n'ont été cette fois-ci en rien comparables, en taille, à celles de ses précédentes visites.

Mais le président américain a beau être sur le départ, il n'en aura pas moins marqué des points au cours de sa tournée dans six pays (Slovénie, Allemagne, Italie, Vatican, France et Royaume-Uni).

Réchauffement franco-américain

A Paris, certainement le point culminant du déplacement, le séjour de M. Bush a été marqué par une confiance retrouvée entre la France et les Etats-Unis après la période de tensions nées de l'invasion américaine de l'Irak.

M. Bush a rappelé que la «première amie» des Etats-Unis lors de la lutte pour l'indépendance avait été la France. Il a aussi rendu hommage au président français Nicolas Sarkozy. Se donnant du «George» et «Nicolas», les deux présidents ont affiché leur unité pendant les deux jours de la visite achevée dimanche, notamment sur l'Iran.

Soutien sur l'Iran

Sur ce dernier sujet, M. Bush s'est prévalu du soutien des autres capitales européennes, Londres annonçant notamment lundi que l'Europe allait mettre en oeuvre de nouvelles sanctions contre Téhéran, en particulier le gel des avoirs à l'étranger de la plus grande banque iranienne, une affirmation toutefois démentie par Bruxelles.

Ces presssions sont nécessaires afin de «régler le problème diplomatiquement», a affirmé le chef de la Maison Blanche lundi à Londres. «C'est mon premier choix. Les Iraniens doivent toutefois comprendre que toutes les options sont sur la table», a-t-il averti.

Ces déclarations sont intervenues au moment où le groupe des Six (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) viennent de remettre à l'Iran une offre de coopération en vue de la suspension de son enrichissement d'uranium, dont la communauté internationale craint qu'il n'alimente un programme de fabrication de l'arme atomique.

M. Bush avait dans un premier temps rejeté cette approche, tout comme il avait au début favorisé une ligne dure face aux ambitions nucléaires de la Corée du Nord. Mais par la suite il a accepté la voie diplomatique des pourparlers avec Pyongyang et Téhéran.

Apôtre du multilatéralisme ?

Ces deux processus sont désormais au coeur de son héritage, selon lui. «Une des choses que je laisserai derrière moi c'est un multilatéralisme comme moyen de faire face aux tyrans afin que les problèmes puissent être résolus de manière diplomatique», a-t-il dit.

Quant à l'Afghanistan, M. Bush a pu se réjouir de la décision de l'Italie d'autoriser ses soldats sur place à «davantage de flexibilité», ainsi que de l'annonce par Londres de l'envoi de 230 hommes en renfort.

Dans un discours clef prononcé à Paris, George W. Bush a assuré qu'il laisserait à son successeur des relations transatlantiques qui n'ont jamais été aussi dynamiques.

Réparer les erreurs

«C'était absurde», répond Dominique Moïsi de l'Institut français des relations internationales (IFRI) à Paris. «Il a failli détruire la relation entre l'Europe et les Etats-Unis et a passé son second mandat à essayer de réparer les fautes qu'il avait commises pendant son premier mandat». C'est pourquoi «les Européens attendent le prochain président des Etats-Unis avec impatience», critique-t-il.

Régulièrement interrogé sur les regrets qu'il pourrait ressentir à avoir engagé la guerre en Irak, en 2003, le président Bush ne s'est pas laissé démonter: «C'était ce qu'il fallait faire».

(ats)

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