Genève - Gérante accusée d’avoir volé des millions en caisse
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GenèveGérante accusée d’avoir volé des millions en caisse

Le procès d’une employée de la restauration s’est ouvert mardi. Elle aurait empoché de gros montants pendant près de dix ans.

par
Léonard Boissonnas
Le cash disparaissait grâce à des opérations de caisse annulées. 

Le cash disparaissait grâce à des opérations de caisse annulées. 

Getty

Au début, c’était de petites sommes, de 100 à 200 francs par jour, puis elles ont augmenté jusqu’à 1500 francs par jour de travail, avant d’atteindre plusieurs dizaines de milliers de francs par mois. Une quinquagénaire, ancienne gérante d’un espace de restauration situé dans un grand magasin du centre-ville, comparaissait mardi pour abus de confiance. Elle est accusée d’avoir gardé pour elle un montant total de l’ordre de 3 millions de francs, entre l’été 2006 et fin 2015.

Bijoux, voitures de luxe, voyages

Pour ce faire, la prévenue enregistrait les opérations de caisse puis les annulait ou, si le client ne voulait pas de ticket, elle mettait directement l’argent en caisse sans le noter avant de le conserver pour elle à la fin de la journée.

À l’audience, l’accusée, en larmes, a reconnu les faits et les a regrettés. En revanche, elle a contesté les montants articulés par l’accusation. Elle a expliqué avoir agi «pour l’apparence». Elle s’achetait des bijoux, des voitures de luxe (même si elle ne conduisait pas) ou encore des billets d’avion en business, car «au travail, je devais montrer que j’avais de l’argent sinon les gens me regardaient comme une moins-que-rien».

«Appartenir à un monde qui n’était pas le sien»

Pour le Ministère public, «rien n’explique le passage à l’acte» de cette femme, si ce n’est «peut-être une envie d’appartenir à un monde qui n’était pas le sien». La procureure Laetitia Meier Droz a pointé une faute «extrêmement lourde» et a requis 36 mois de prison dont 24 avec sursis. L’avocat de la prévenue, Me Barnabas Denes, pour qui une peine de prison n’est pas justifiée à la suite de près de six ans de procédure et quinze ans après le début des faits qu’elle a admis, a réclamé un sursis complet. Verdict mercredi.

«Comme de la haute trahison»

L’ex-employeur de la prévenue a indiqué n’avoir jamais eu de soupçons concernant cette femme qui «faisait du très bon travail» et qu’il invitait parfois dans sa famille. Au sein de la grande enseigne, elle jouissait d’une certaine confiance et n’était pas contrôlée, a-t-il précisé. En outre, «il n’était pas possible de se rendre compte de l’argent pris dans la caisse»: le chiffre d’affaires pouvait s’élever jusqu’à 20000 francs par jour et a atteint 50 millions sur la période incriminée. C’est finalement une vérification des annulations de caisse par la maison mère qui a permis de découvrir le pot aux roses. «J’ai perçu ça comme de la haute trahison», a ajouté le patron, qui a réclamé le remboursement des 3 millions. Son avocat, Me Cyril Aellen, n’a pas caché n’avoir que peu d’espoir que son client récupère cette somme.

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