Genève - Gérante condamnée à payer près de deux millions
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GenèveGérante condamnée à payer près de deux millions

Une employée de la restauration, qui avait volé dans la caisse, a écopé mercredi de 30 mois de prison, dont 6 ferme. Elle devra restituer les montants prélevés.

par
Léonard Boissonnas
La prévenue a été reconnue coupable d’abus de confiance.

La prévenue a été reconnue coupable d’abus de confiance.

Lucien FORTUNATI/TDG

Elle n’ira plus en prison, mais devra payer près de 2 millions à son ancien employeur. L’ex-responsable d’un espace de restauration d’un grand magasin genevois, jugée pour avoir piqué dans la caisse durant plus de neuf ans, a été reconnue coupable d’abus de confiance, mercredi.

Faute «très importante»

La présidente du Tribunal correctionnel, Françoise Saillen Agad, a souligné la faute «très importante» de cette quinquagénaire, qui gérait la caisse du commerce et qui avait toute la confiance de son patron. La prévenue utilisait les sommes détournées à des fins personnelles sur plusieurs années pour s’acheter des bijoux, des voitures et autres biens de luxe, et s’offrir des séjours à l’étranger, a encore rappelé la magistrate. «Elle a agi au préjudice de son employeur sur près de dix ans, c’est indiscutablement une forme de trahison», a pointé la présidente. Alors que le Ministère public avait retenu une somme totale de 3 millions volés de l’été 2006 à fin 2015, le tribunal a estimé que les montants volés s’élevaient en tout à près de 1,9 million.

Près de 6 mois en détention provisoire

La prévenue a été condamnée à 30 mois de prison, dont 6 mois ferme avec un délai d’épreuve de 3 ans. Toutefois, elle ne retournera pas derrière les barreaux, puisqu’elle avait déjà passé autant de temps en détention provisoire. Elle devra en outre verser l’équivalent des sommes volées à la partie plaignante. Celle-ci recevra aussi le produit des objets séquestrés à titre de créance compensatrice.

«Le dommage est supérieur»

«La justice est passée», a réagi Me Cyril Aellen, avocat de l’employeur, après le verdict. Il s’est félicité que le tribunal ait retenu qu’aucune faute n’avait été commise par la société de son client, mais a regretté que les juges aient pris en compte comme base de calcul les montants les plus bas articulés par la prévenue: «Il y a beaucoup d’indications que le dommage est supérieur», a-t-il souligné.

«Elle peut difficilement faire plus»

De son côté, Me Barnabas Denes, qui défendait l’ancienne gérante avec Me Ronald Asmar, a indiqué que sa cliente était «soulagée que le tribunal ait écarté le réquisitoire insensé du Ministère public (ndlr: celui-ci avait réclamé 36 mois de prison, dont 12 ferme), ajoutant que s’agissant de l’argent, cela fait quatre ans que ma cliente verse tout son revenu disponible à la partie plaignante en guise de dédommagement (ndlr: soit 1000 francs par mois sur 1400). Elle regrette, mais elle peut difficilement faire plus à l’heure actuelle.» Les deux parties n’ont pas encore décidé d’un éventuel appel.

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