Héritage: Gérer ses traces virtuelles depuis l'au-delà
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HéritageGérer ses traces virtuelles depuis l'au-delà

Les sites qui proposent de stocker vos codes d'accès et ultimes volontés prospèrent. Vos traces virtuelles seront-elles maîtrisées?

par
Caroline Goldschmid
Le boom des réseaux sociaux ouvre la voie à une existence numérique avant même la naissance, mais rien ou presque n'est prévu pour gérer ces                  traces après la mort.

Le boom des réseaux sociaux ouvre la voie à une existence numérique avant même la naissance, mais rien ou presque n'est prévu pour gérer ces traces après la mort.

E-mails, photos, blogs, profil Facebook et autres affiliations à des communautés online: que faire de tout le contenu numérique que laisse un défunt? C'est une préoccupation à laquelle doivent désormais faire face de nombreux héritiers.

Mais rares sont ceux à entreprendre des démarches afin de garantir une liquidation aisée. «La plupart des gens n'indiquent aucune précision à ce sujet pourtant d'actualité dans leur testament, confirme Me Pierre-Philippe Courvoisier. Dans une succession, le notaire va de toute façon proposer un exécuteur testamentaire pour respecter les volontés du défunt. Ce sera à lui de gérer ou liquider toutes les données numériques.»

S'il n'y a ni testament ni indication de l'exécuteur souhaité, il appartient aux successeurs d'annuler les différentes identités virtuelles, pour autant qu'ils les connaissent toutes, qu'ils y aient l'accès et qu'ils soient tous d'accord sur la façon d'agir! «Cela peut créer de gros conflits entre héritiers», poursuit le délégué de l'Association des notaires vaudois.

Sans note à l'intention de ceux qui restent ou «testament numérique» (lire ci-contre), un parcours du combattant attend les successeurs pour récolter tous les mots de passe auprès des banques, fournisseurs d'accès internet et autres sociétés, souvent basées à l'étranger. Le notaire recommande donc d'au moins «se renseigner sur les conséquences en cas de décès des relations ou engagements pris sur internet».

Des coffres-forts numériques

Le patrimoine virtuel et les instructions peuvent également être confiés à une société en ligne. La vie d'après, SeeZam, Legacy Locker ou Death Switch: ces «coffres-forts numériques à délivrance posthume» se multiplient sur la Toile. De son vivant, une personne peut ainsi mettre sur son compte ultrasécurisé toutes ses photos, ses messages et ses accès aux boîtes mail. Le contenu sera remis aux donataires le jour venu. Quant au coût de ce genre de services, il revient à environ 300 fr. par an.

http://www.laviedapres.com/

http://legacylocker.com/

Une lettre écrite à la main suffit

Pour s’assurer que votre héritage numérique sera géré au mieux, il suffit de rédiger et signer un document à la main puis de le ranger, cacheté de préférence, dans un endroit sûr. Celle ou celui qui sera votre exécuteur testamentaire numérique doit toutefois être informé de l’endroit où se trouve la lettre. Identités virtuelles, mots de passe des divers comptes, adresses électroniques: plus le document sera complet et plus la tâche des conjoints, parents ou amis sera facilitée. La réputation et la vie privée du défunt seront ainsi également préservées.

Vivre éternellement grâce à un clone

Peur de disparaître sans laisser de traces? Le concept Intellitar propose une éternité virtuelle. Lancé fin octobre par l’entreprise américaine Virtual Eternity, il propose de se créer un avatar en ligne, qui aura exactement votre physique, votre voix. Il reproduira même vos gestes grâce à un cerveau artificiel intelligent. Le clone virtuel pourra ainsi raconter vos anecdotes, expériences, souvenirs de jeunesse à vos descendants jusqu’à la fin des temps.

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