Suisse: Gerhard Pfister pour succéder à Leuthard?
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SuisseGerhard Pfister pour succéder à Leuthard?

Le président du PDC, s'il se lance, pourrait faire figure de favori dans la course à la succession de la conseillère fédérale.

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cht/nxp
Doris Leuthard va-t-elle passer le flambeau au président du PDC?

Doris Leuthard va-t-elle passer le flambeau au président du PDC?

Keystone

Elle l'a annoncé l'été dernier déjà: Doris Leuthard, doyenne du Conseil fédéral, se retirera avant les élections de 2019. Depuis, les conjectures vont bon train sur la date de son départ. Certains estiment qu'elle pourrait annoncer sa démission peu après la votation du 4 mars sur «No Billag». Rien n'est bien sûr officiel, mais les yeux se tournent déjà désormais vers son successeur. Et celui-ci pourrait bien être Gerhard Pfister.

C'est du moins ce que laisse entendre lundi le Tages-Anzeiger. Selon le quotidien, le président du PDC, élu à la tête du parti au printemps 2016, ferait figure de favori. Car aussi bien du côté de ses amis politiques que de ses détracteurs, le Zougois, âgé de 55 ans, aurait les épaules assez larges pour le costume.

Le PDC pourtant en perte de vitesse

Ancien directeur d'une école privée, l'homme fait de la politique avec une intelligence vive et un instinct prononcé, estime le Tagi. Il a réussi à éliminer certains préjugés depuis le début de sa présidence. En outre, il a démontré qu'il était capable de compromis. Ainsi au cours de la campagne sur la réforme des retraites, il a soutenu les valeurs chrétiennes-sociales de son parti et veut en renforcer l'aile conservatrice en proposant un débat de valeurs, estime le journal.

Pourtant, depuis qu'il est à la tête du parti, Gerhard Pfister ne lui a pas été très utile. Le PDC perd en effet constamment des sièges dans les cantons et les sondages en vue des élections fédérales de 2019 montrent que le déclin n'est de loin pas terminé. Du coup, le PDC aura-t-il les moyens de réaliser le rêve du Zougois d'accéder au Conseil fédéral? Une question cruciale, d'autant que le président a prêté serment pour être à la tête de son parti jusqu'en 2023.

Indicateurs sont au vert

Mais pour l'instant, les indicateurs sont au vert pour lui, relève le Tagi, car le cadre politique lui est très favorable. En effet, les 120 voix de l'UDC et du PLR seront décisives en cas de candidature. Et les deux partis souhaitent plus que tout maintenir une majorité de droite au Conseil fédéral. Or, contrairement au nouveau ministre PLR Ignazio Cassis, il a prouvé dans les faits qu'il était un homme de droite. Malgré les chamailleries dans le dossier de l'Union européenne (UE), malgré les bisbilles dans le débat sur la réforme des retraites, il n'y a pas de partenaires plus fiables pour la droite au PDC que Gerhard Pfister, relève le journal.

Autre argument en faveur du président du PDC: son origine. En effet, personne ne conteste aujourd'hui le droit de la Suisse centrale et de la Suisse orientale à avoir un conseiller fédéral. Du côté du PLR, on lorgne sur un candidat de Suisse orientale, avec la candidature probable de la St-Galloise Karin Keller-Sutter à la succession de Johann Schneider-Ammann. Du coup, le PDC pourrait envoyer quelqu'un de Suisse centrale. Or, Gerhard Pfister est Zougois.

D'autres papables, tous masculins

Mais ce dernier, s'il fait figure de favori, n'est pas le seul papable. Le Tages-Anzeiger avance ainsi le nom du sénateur lucernois de 60 ans, Konrad Graber. Mais si l'homme est très respecté au sein du PDC, il n'est pas considéré comme suffisamment à droite par l'UDC.

Autres candidats potentiels: le sénateur grison Stefan Engler, qui aurait lui aussi le profil. Mais cette fois, l'homme est accusé de ne pas assez en faire pour son canton d'origine. Et certains doutent de son envie de devenir conseiller fédéral. Reste encore Pirmin Bischof. Le sénateur soleurois ne cache lui en revanche pas ses ambitions. Mais il est jugé justement un peu trop ambitieux et opportuniste.

Et les femmes? Car si Doris Leuthard s'en va et que le PDC fait élire un homme pour lui succéder, il ne restera que la socialiste Simonetta Sommaruga au Conseil fédéral. Hic: les candidatures féminines valables sont plutôt rares en ce moment au PDC. Pour le Tagi, la seule qui pourrait se mettre en avant, c'est la Valaisanne Viola Amherd. Mais selon son entourage, l'ancienne présidente de la ville de Brigue envisagerait de quitter le Parlement en 2019.

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