Ghottard sort son douzième album
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Ghottard sort son douzième album

LAUSANNE – Groupe incontournable de la scène hard rock suisse et européenne, Gotthard est de retour.

Deux ans après leur dernier exercice, «Lipservice», les rockers suisses reviennent à la charge avec «Domino Effect» et un concert aux Docks jeudi. Le guitariste Freddy Scherer a répondu à nos questions le mercredi 26 avril, à la veille de la sortie du nouvel album.

– Votre douzième album sort demain. Comment vous sentez-vous à la veille de cette sortie?

– Je me sens très bien. Chaque membre du groupe est très content de l'album. C'est un album très large au niveau du style des chansons. Il y a les morceaux les plus hard qu'on ait faits avec Gotthard, trois ou quatre ballades et des morceaux plus expérimentaux. Il y a donc de tout, et on est vraiment très contents de cet album.

– Est-ce que vous ressentez quand même un certain stress, ou êtes-vous confiant?

– On a reçu de très bonnes critiques de toute l'Europe. Mais la scène musicale a beaucoup changé ces vingt dernières années, et rien n'est acquis. A chaque nouvelle sortie, il faut donc refaire ses preuves parce qu'il y a de nouvelles tendances, des jeunes qui sortent leurs disques, etc. Donc on espère que cela va marcher au moins aussi bien que notre dernier opus, «Lipservice». Mais, au final, ce sont les gens qui vont décider s'ils aiment ou pas. Nous, on a fait un album qui nous plaît beaucoup, et on verra s'il plaît aussi au public.

– Pouvez-vous nous expliquer le concept du titre, «Domino Effect»?

– «Domino Effect» est au départ le titre d'une chanson qu'on a écrite avec deux Suédois qui avaient déjà travaillé avec nous sur «Lipservice». Quand l'album était terminé, on a réfléchi à un titre. On est sortis, on a bu quelques bières, on a fait un brainstorming et, au final, on a trouvé que «Domino Effect» était le meilleur titre. Il y a une notion de mouvement qui caractérise bien le groupe Gotthard, qui existe depuis seize ans et qui continue d'avancer, comme un train qui a perdu ses freins. Mais chaque personne peut se faire sa propre interprétation du titre, et c'est un truc qu'on a aussi trouvé sympa.

– Comment s'est passée la construction de l'album?

– On était en tournée en Grèce jusqu'au mois de novembre 2006, et on a commencé l'enregistrement au début de décembre, donc on n'a eu que trois semaines entre la tournée et l'enregistrement. Mais on avait commencé à écrire les chansons entre les festivals de l'été et entre les tournées quand on avait un petit peu de temps. Ce qu'on a voulu faire, c'est capturer la spontanéité en studio, sans répéter trop longtemps le morceau avant de l'enregistrer. Cela nous permet de transmettre de la fraîcheur, de garder une part d'improvisation, par exemple dans les solos de guitare.

– Vous faites beaucoup de tournées à l'étranger, comment êtes-vous perçus?

– Avant, le groupe était signé chez BMG, qui s'est vraiment concentré sur leurs quatre ou cinq pays que sont le Japon, l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, et un peu les Pays-Bas et la Belgique. Mais ils ne voulaient pas trop prendre de risques en essayant d'aller dans d'autres pays. Alors que notre nouvelle boîte nous distribue dans 42 pays, ce qui nous a ouvert de nouvelles portes. Parce qu'on ne peut pas aller jouer dans un pays où nos disques ne sont pas en vente. On a joué pour la première fois en Espagne il y a deux ans, à Barcelone, à Madrid et à Bilbao, avec 400 à 500 personnes par soirée, qui étaient toutes complètes. On y est donc retournés quelques mois plus tard pour jouer dans des salles de mille personnes de nouveau sold out. Et la dernière fois qu'on y est retournés, c'était au mois d'octobre de l'année passée, et on a joué cette fois devant deux mille personnes à chaque concert. Il y a eu donc un vrai mouvement de ralliement derrière notre musique. On a aussi vécu des similitudes en Suède, au Brésil et même en Angleterre, qui a un marché très difficile pour tous les groupes qui ne sont pas anglais. Pour la nouvelle tournée, on va pouvoir s'y produire à six reprises, ce qui est énorme pour ce pays. La maison de disques y est donc pour beaucoup dans les tournées que l'on fait. En plus, avec Internet, des canaux s'ouvrent dans le monde entier, on n'est donc plus si isolé en Suisse.

– Quelle est la recette qui explique la longévité de Gotthard?

– Tout d'abord le respect entre les membres du groupe. Il n'y a pas d'égoïsme de la part d'un musicien désireux de se mettre plus en avant, tout le groupe reste au même niveau. Ensuite l'amitié que l'on a entre nous. Même si lors de la dernière tournée on avait passé plusieurs mois ensemble, une fois de retour chez nous on sort quand même ensemble une ou deux fois par semaine. Et aussi le fait que le groupe est basé au Tessin, qui est un peu une île au milieu de la Suisse. On est donc un peu isolés de ce qui se passe en Suisse et dans le monde, et l'on peut ainsi travailler plus tranquillement, sans que des gens viennent sans cesse essayer de nous influencer avec leurs idées. On est plus pour nous-mêmes, et cela nous aide à vraiment faire ce que l'on veut faire.

– Et après toutes ces années, vous avez toujours la même motivation qu'au début?

– Absolument. Bon, naturellement, certains changements sont nécessaires, comme celui qu'on a fait il y a trois ans en changeant le management et la maison de disques. Cette nouvelle maison de disques nous offre la possibilité de jouer dans de nombreux nouveaux pays, et ça, pour nous, c'est comme un deuxième printemps. Et là on est vraiment très motivés et on n'a aucun signe de fatigue.

– Que représente le live pour vous?

– Pour moi le live et le travail en studio ne vont pas l'un sans l'autre. On est un groupe qui adore jouer en live, pour nous c'est une récompense du travail accompli. Sur scène on est souriants parce qu'on a vraiment beaucoup de plaisir à faire ce que l'on fait.

– Quels conseils donneriez-vous à un jeune groupe suisse qui veut se lancer?

– Moi, je dis toujours la même chose: Fais ce que tu as envie de faire. Tu peux demander des conseils, mais, au final, c'est ce que tu ressens dans ton ventre, dans ta tête, qui doit ressortir. Suis cela plutôt que les conseils externes. Il n'y a aucune recette dans le business du rock and roll, mais comme ça, même si cela ne marche pas, au moins tu sera content parce que tu auras fait ce que tu voulais.

Fabrice Aubert

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