Valais: Giroud attaque Darbellay pour propos «diffamants»

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ValaisGiroud attaque Darbellay pour propos «diffamants»

L'encaveur vient d'avoir vent d'un discours du conseiller d'État qui, selon lui, violait le secret de fonction, entre autres.

par
Christian Humbert
Keystone/Adrien Perritaz

Dominique Giroud vient de déposer plainte contre Christophe Darbellay. C'est déjà la deuxième fois que l'encaveur attaque en justice le conseiller d'État PDC. Cette fois, il dénonce des dires relevant, selon lui, de violation du secret de fonction, de diffamation et de menace. Dominique Giroud estime que Christophe Darbellay a propagé de fausses informations à son sujet, dans l'unique but de le «rabaisser» aux yeux du public et de la profession.

Les propos dans le viseur du plaignant ont été tenus le 3 mai 2017, devant les députés PDC. Le ministre de l'Économie et de la Formation aurait «longuement parlé» de la situation du négociant. Il aurait alors livré des «informations confidentielles, internes à son département» et parlé de coupage de vins valaisans AOC avec des breuvages argentins, citant nommément une société de Sion. Si Dominique ­Giroud en présidait le conseil d'administration, il précise n'en avoir été ni le propriétaire ni le gestionnaire. Il ajoute que ces accusations sont dénuées de fondement et que la comptabilité de la cave le prouvera.

«Lorsqu'une personne a la tête sous l'eau...»

L'élu aurait aussi dit: «Lorsqu'une personne a la tête sous l'eau, il faut la couler définitivement.» Ces déclarations n'ont transpiré qu'à fin février, sur le site lesobservateurs.ch. De quoi inciter Dominique ­Giroud à saisir la justice. «Ces accusations sont gravement attentatoires à mon honneur», souligne l'encaveur condamné pour des délits fiscaux, mais pas pour des coupages de vin illégaux.

Le procureur général devra décider s'il donne suite ou non à cette plainte. De son côté, le plaignant n'écarte pas d'engager également une procédure civile contre l'élu PDC.

Pas la première plainte

Contacté, Christophe Darbellay s'est montré surpris de l'existence de cette plainte, n'ayant reçu aucune information officielle de la part du Ministère public. Il dit avoir «la conscience tranquille», ayant simplement «évoqué la plainte déposée en 2015 par l'Interprofession de la vigne et du vin du Valais contre Dominique Giroud», des faits «largement médiatisés» et «connus de tous».

Le conseiller d'État, qui précise qu'il a déjà été visé par une plainte de Dominique Giroud, «classée sans suite», réfute en bloc les accusations de l'encaveur. «Il n'y a eu ni violation du secret de fonction ni diffamation de ma part. Au moment des faits, je n'avais aucune connaissance des procédures lancées par l'État du Valais vis-à-vis de Monsieur Giroud. Je dispose de tous les moyens de preuve.»

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