Gymnastique: Giulia Steingruber a envoyé un «message»
Actualisé

GymnastiqueGiulia Steingruber a envoyé un «message»

Le chef du sport d'élite à la Fédération suisse de gymnastique était ravi du doublé européen de la St-Galloise à Berne.

Giulia Steingruber sera une candidate aux honneurs aux Jeux de Rio.

Giulia Steingruber sera une candidate aux honneurs aux Jeux de Rio.

photo: Keystone

«Giulia Steingruber a envoyé un message à ses adversaires», s'est réjoui le chef du sport d'élite à la Fédération suisse de gymnastique, Felix Stingelin, après le doublé européen (sol et saut) de la St-Galloise à Berne. Au sol en particulier, elle sera une candidate aux honneurs aux Jeux de Rio dans deux mois.

La perle de Gossau possède désormais trois cordes à son arc: le saut, où elle cumule les titres continentaux depuis 2013, mais aussi le concours général (championne d'Europe l'an dernier) et le sol, où elle s'est révélée dimanche. C'est même à ce dernier appareil qu'elle éprouve le plus de plaisir, comme elle l'a reconnu à Berne en zone mixte, dans un lumineux sourire. Et avec le plaisir viennent les résultats.

«A Rio, elle aura plus de chances (de se rapprocher des médailles) au sol qu'au saut, où la concurrence est plus dense», observe Felix Stingelin. Gulia Steingruber a une marge de progression dans toutes les disciplines. «Berne constituait un bon test. Maintenant, je sais dans quels domaines je dois encore travailler», a souligné l'intéressée.

Engin de torture

Pour la finale olympique au concours général, il lui faudra bien sûr éviter de répéter ses chutes à la poutre survenues à ces Européens (trois au total, entre les qualifications et la finale). La poutre, justement, s'apparente un peu pour elle à un engin de torture, elle tremble à chaque fois. Aux barres asymétriques (6e dimanche), elle assure, mais sans pouvoir étinceler comme à ses deux engins de prédilection.

«Giulia a progressé en élégance. Son exercice au sol a été exceptionnel, avec ses trois doubles saltos avec vrille. Elle peut se battre avec les meilleures du monde, tout en pouvant encore gagner des points sur les éléments gymniques», constate Felix Stingelin. Son exécution sans faille dimanche de sa nouvelle chorégraphie, qui intègre des subtilités corsées, incite à l'optimisme.

Double vrille

Au saut, pour rivaliser avec les Américaines en particulier, il lui faudra encore hausser son coefficient de difficulté. Elle s'y emploie en perfectionnant à l'entraînement sa figure Chusovitina pour en faire une double vrille (contre une et demie actuellement), avec réception dos tourné à l'appareil. Si elle maîtrise ce saut en compétition, la figure - inédite - prendra alors son nom pour devenir une «steingruber» et cartonnera auprès des juges.

«Elle la montrera quand elle se sentira vraiment prête», a rappelé Felix Stingelin. «Cette figure présente de gros risques, notamment de blessure au genou. Giulia devrait la montrer à Rio, mais ce n'est pas certain non plus.» Le cas échéant, elle pourrait éviter de s'y hasarder en qualifications, pour la réserver pour la finale. Et encore, seulement si nécessaire. «Cela se jouera aussi sur le plan tactique, en fonction de ce qu'auront montré ses adversaires s'étant éventuellement produites avant elle», explique encore le chef du sport d'élite.

Quoi qu'il en soit, par rapport à il y a quatre ans à Londres (9e au saut), Giulia Steingruber n'est plus du tout la même athlète. (nxp/ats)

(NewsXpress)

Ton opinion