Matières premières: Glencore veut entrer en Bourse
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Matières premièresGlencore veut entrer en Bourse

Le géant zougois des matières premières Glencore a annoncé jeudi son intention d'entrer en Bourse à Londres, en cotation primaire, et à Hong Kong, en cotation secondaire.

Glencore donne le coup d'envoi à son entrée en Bourse à Londres et Hong Kong. Très attendue des marchés, l'opération doit permettre à la multinationale zougoise, numéro un mondial des matières premières, de lever jusqu'à 12,1 milliards de dollars. Elle doit s'achever en mai.

La Bourse de Londres représentera le marché principal de cotation des titres Glencore International, celle de Hong Kong étant secondaire, a annoncé jeudi le groupe établi à Baar. L'entrée en Bourse devrait constituer la 3e plus grosse opération de ce type en Europe, dépassant celle de Rosneft en 2006, laquelle avait rapporté près de 11 milliards de dollars (10,15 milliards de francs) au groupe pétrolier russe.

Pour mémoire, la plus grosse entrée en Bourse d'une société européenne est celle du du groupe énergétique italien Enel en 1999 avec un montant de 17,4 milliards de dollars. Elle est suivie par celle de l'opérateur téléphonique allemand Deutsche Telekom en 1996, d'un montant de 20 milliards de DM (16 milliards de francs).

Plus grande entreprise suisse en termes de chiffre d'affaires devant Nestlé, Glencore offrira à la vente entre 15 et 20% de son capital-actions. Dans une première phase, le groupe devrait lever entre 9 et 11 milliards de dollars. En cas de forte demande, une option de surallocation représentant 10% de l'émission pourrait être exercée, faisant grimper ce montant à 12,1 milliards de dollars.

Valeur boursière de 60 milliards

A l'issue de son entrée en Bourse, la société fondée en 1974 par Marc Rich affichera une valorisation maximale de 60 milliards de dollars. Dans le cadre de la mise sur le marché, Glencore va émettre de nouvelles actions pour un montant entre 6,8 et 8,8 milliards de dollars.

A ces titres viendront s'ajouter ceux mis en vente par les actuels actionnaires du groupe, dont les 500 associés qui le contrôlent, d'une valeur de 2,2 milliards de dollars. Ces derniers se sont engagés à conserver leurs actions durant plusieurs années.

A l'issue de l'offre, les titres disséminés dans le public (free float) représenteront entre 15 et 20% du total. Avec les fonds levés, Glencore entend porter à 93% sa participation dans le spécialiste kazakh de l'extraction de zinc Kazzinc, dont il détient déjà 50,7%, pour un montant de 3,2 milliards de dollars.

Glencore consacrera en outre ces trois prochaines années 5 autres milliards de dollars pour procéder à des investissements dans des mines et installations pétrolières en Afrique et en Amérique du Sud. Non cotée jusqu'à présent, la multinationale dispose à ce titre de capacités de financement limitées.

Si l'entrée en Bourse va accroître la marge de manoeuvre financière de Glencore, elle va aussi mettre un terme à près de 40 ans de très grande discrétion. Le groupe a dévoilé l'identité des personnes proposées au conseil d'administration, parmi lesquelles figurent notamment son patron, Ivan Glasenberg, son chef des finances, Steven Kalmin ainsi que le directeur général de BP Anthony Hayward.

Destin lié avec Xstrata

A sa fondation en 1974, la modeste société Marc Rich Co. est spécialisée dans le négoce de pétrole brut, principalement. Mais au fil des ans et des acquisitions, l'entreprise s'est transformée en un géant des matières premières, avec d'importantes participations industrielles.

Marc Rich a cédé en 1994 sa part majoritaire aux cadres du groupe, qui devenus des associés contrôlant l'entreprise l'ont rebaptisée Glencore. En 1995, elle déplace son siège social de Zoug à Baar (ZG).

Glencore possède en propre une grande partie de ses actifs dans le zinc, le cuivre, le plomb, l'aluminium, le pétrole, le charbon, le coton, le tournesol, le blé et le sucre. Le géant dispose aussi de ses propres installations portuaires, d'entrepôts et d'une flotte de navires.

Glencore détient en outre 34,8% de groupe minier zougois Xstrata, lui aussi issu de l'empire de Marc Rich. Les observateurs estiment que les deux géants pourraient d'ailleurs fusionner.

Avec ses quelque 55'000 salariés, Glencore a dégagé l'an passé un chiffre d'affaires de 145 milliards de dollars. Tirant profit des hausses de prix des matières premières et de l'appétit pour ces dernières des pays émergents, le groupe a engrangé un bénéfice net hors exceptionnels de 3,8 milliards. (ats)

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