Jeu interactif - Glissez-vous dans la peau d’une femme de 21 ans en 1971
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Jeu interactifGlissez-vous dans la peau d’une femme de 21 ans en 1971

Avec le jeu interactif «Anna 1971», la RTS propose aux internautes de faire un voyage dans le temps, à l’époque où les femmes se battaient pour avoir le droit de vote.

par
Julienne Farine

C’était il y a 50 ans: le 7 février 1971, les femmes suisses obtenaient enfin le droit de vote au niveau fédéral. Pour les jeunes d’aujourd’hui, ce droit semble aller de soi, mais comment la campagne s’est-elle déroulée, comment les femmes de l’époque se sont-elles battues, quels obstacles ont-elles rencontrés? Ce sont ces questions, parmi d’autres, qui sont abordées dans «Anna 1971», jeu interactif proposé par la RTS et développé par DNA Studios, qui a remporté l’appel à projets lancé par la SSR en mai 2020.

«Nous nous sommes demandé comment amener cette thématique aux jeunes et nous nous sommes dit que si nous arrivions à parler du passé avec quelque chose qu’ils utilisent plusieurs heures par jour, ce serait l’idéal», se souvient Nathanaël Monney, de DNA Studios. Décision a été prise de créer un réseau social fictif appelé Shoutbox qui aurait existé en 1971. Jouer à «Anna 1971», c’est donc s’inscrire sur ce réseau en tant que jeune femme de 21 ans en 1971 et vivre la campagne et la votation de l’intérieur.

Composée de quatre hommes, l’équipe de DNA Studios ne pouvait pas travailler sur le sujet du suffrage féminin sans avoir au moins un point de vue féminin. «Nous étions conscients dès le départ qu’il fallait que ce soit une femme qui raconte l’histoire», rapporte Nathanaël Monney. Lorraine Perriard a donc été engagée pour s’occuper de l’écriture du jeu en compagnie d’Antoine Débois, de DNA, apportant son point de vue et son ressenti.

Des aides extérieures

Parmi les sources consultées durant le développement d’«Anna 1971», deux personnes ont joué un rôle très important: Stéphane Goël, réalisateur du documentaire «De la cuisine au Parlement» et Brigitte Studer, historienne et spécialiste du suffrage féminin en Suisse. «Le premier nous a expliqué tout le contexte historique. Avec la seconde, nous avons posé les fondations de l’histoire, la manière d’amener les intrigues et la problématique», explique Nathanaël.

Le jeu

Première surprise au moment de commencer. Devenir Anna, c’est comprendre qu’une femme a besoin de l’accord d’un représentant légal pour pouvoir s’inscrire sur Shoutbox. En l’occurrence Anna aura celui de ses parents, même si son père n’est guère convaincu. La seule utilité qu’il voit à ce réseau social, c’est de pouvoir surveiller sa fille qui vient de quitter le nid familial.

Ensuite, tout est simple. Nul besoin de publier soi-même du contenu, tout est prévu. Le joueur ou la joueuse doit cependant faire des choix. Que répondre aux photos postées par ses contacts et aux messages de son paternel? Vaut-il mieux tenter de calmer le jeu face aux commentaires machistes ou, au contraire, se révolter? Quel sera son rôle dans la lutte féministe?

«Vous êtes Anna en 1971. Jusqu’où irez-vous?» Pour le savoir, rendez-vous sur le site du jeu: www.anna1971.ch

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