Crise automobile: GM veut garder Opel
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Crise automobileGM veut garder Opel

Le constructeur automobile américain General Motors (GM) a décidé de conserver sa marque Opel et de la restructurer.

Cette annonce réduit à néant des mois de négociations au terme desquelles sa filiale allemande devait être cédée à l'équipementier canadien Magna, allié à la banque russe Sberbank.

GM explique sa décision par le fait que le contexte général de l'industrie automobile a montré des signes d'amélioration. Le premier constructeur américain a annoncé mardi que ses ventes avaient progressé le mois dernier pour la première fois en deux ans.

GM «présentera rapidement un plan de restructuration à l'Allemagne et aux autres gouvernements et espère qu'il recevra un accueil favorable», a déclaré son directeur général Fritz Henderson. Ce plan devrait lui coûter aux alentours de trois milliards d'euros.

Coup de théâtre

La décision de conserver Opel a été prise lors d'un conseil d'administration organisé alors que la Commission européenne avait demandé à GM de confirmer sa volonté de vendre Opel. Le constructeur traînait des pieds depuis quelques semaines, générant une crispation de plus en plus vive chez les autorités et les syndicats allemands et semant le doute sur ses intentions.

Mais la vente d'Opel à Magna semblait tellement engagée que l'annonce de mardi est un véritable coup de théâtre.

«Nous comprenons que la complexité et la lenteur de ce processus aient été épuisantes pour tout ceux qui y étaient partie prenante. Mais depuis le début, notre but a été d'assurer la meilleure solution à long terme pour nos clients, employés, fournisseurs et revendeurs», s'est justifié GM.

«Nous sommes reconnaissants du gros travail accompli par les Allemands et les autres gouvernements européens dans la traversée de cette période économique très difficile. Nous apprécions aussi les efforts fournis par Magna et ses partenaires russes pour tenter de parvenir à un accord équitable», a-t-il conclu.

Opel utile

Ce rebondissement ne surprend toutefois qu'à moitié certains analystes. «GM n'a jamais vraiment voulu vendre Opel. Ils y étaient contraints en raison de leur situation financière. Un grand nombre de véhicules de GM sont sortis des cartons des ingénieurs d'Opel, c'est donc qu'Opel est très utile au groupe», commente Aaron Bragman d'IHS Global Insight.

Magna a dit accepter la décision du constructeur automobile américain. Le groupe canadien continuera à soutenir GM et Opel «dans les défis à venir».

Difficile pour les salariés

En Allemagne, les réactions indignées ne se sont pas faites attendre. Le gouvernement a déclaré «regretter» la décision de General Motors et veut un remboursement du crédit de 1,5 milliards d'euros accordé dans l'attente d'une vente au canadien Magna.

«Je suis consterné et en même temps énervé que les mois d'efforts pour trouver la meilleure solution possible pour Opel aient échoué à cause de General Motors», a déclaré Roland Koch, le chef du gouvernement régional de Hesse, où se trouve l'usine de Rüsselsheim (ouest).

Le responsable du comité d'entreprise de l'usine de Bochum (Rhénanie du Nord-Westphalie, ouest), Reiner Einenkel, a lui évoqué «une situation difficile pour les salariés». «GM a besoin d'argent pour maintenir Opel en activité et nous veillerons à ce que le gouvernement donne les moyens pour que les sites d'Opel soient préservés», a-t-il ajouté.

Visite d'Angela Merkel

Le gouvernement américain a de son côté affirmé n'être pour rien dans la décision de GM, annoncée le jour même d'une visite à Washington de la chancelière allemande Angela Merkel, qui avait fortement fait pression pour une vente d'Opel à Magna. L'Etat américain détient plus de 60% du capital de GM mais assure ne pas s'immiscer dans la gestion quotidienne de l'entreprise.

L'attitude des autorités européennes pourrait avoir contribué à la volte-face de GM. La Commission européenne avait critiqué indirectement la façon dont l'Allemagne, où sont implantés la moitié des 50'000 emplois d'Opel, s'était immiscée dans le choix de Magna et avait proposé des aides pour protéger les emplois allemands au détriment des six autres pays européens abritant des sites.

(ats)

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