Actualisé 07.04.2020 à 16:08

Suisse

Godard nous a offert une discussion en direct

Le réalisateur Jean-Luc Godard a reçu chez lui, à Rolle, Lionel Baier. L'entretien a été diffusé sur le compte Instagram de l'Ecole lausannoise d'art et de design.

Jean-Luc Godard a échangé ce mardi avec Lionel Baier, responsable du département Cinéma de l'ECAL. Leur discussion, sur le thème «des images au temps du Coronavirus», a été rentransmise en live sur le compte Instragram de l'école lausannoise à 14h30.

Jean-Luc Godard, 89 ans, a reçu Lionel Baier, masque bleu sur le visage, coronavirus oblige, chez lui à Rolle pour une interview-fleuve mardi. A gauche de l'écran, on pouvait voir défiler sans interruption les salutations et les questions du public, et à droite, une nuée de coeurs.

Jean-Luc Godard portait une chemise et un pull vert sans manche. Il est passé d'un sujet à l'autre avec le réalisateur de 45 ans, Lionel Baier, tout en fumant et en rallumant régulièrement un cigare d'une taille impressionnante.

Le réalisateur phare de la Nouvelle Vague a évoqué le projet sur lequel il travaille: le scénario s'appuiera sur une musique venue de l'opéra. Le Rollois aimerait faire créer une musique pour l'occasion, mais avec un côté «plus bateleur, moins classique» que les opéras traditionnels.

Autre projet cet été, si la pandémie le permet: son dernier film, «Le Livre d'image», sera proposé dans le cadre du festival Vision du Réel à Nyon. Les visiteurs pourront refaire le film qui aura été défait. Ils pourront s'arrêter sur un plan, séparer l'image du son, s'approprier le film avant de revoir l'original, tourné par le Franco-suisse.

Jean-Luc Godard a parlé d'un autre réalisateur suisse, Francis Reusser, qui est actuellement «très, très malade». «Il n'a jamais quitté la Suisse, avec un pied dans l'eau et un pied dans les montagnes. Il a un côté Hodler - il a d'ailleurs un projet sur le peintre Ferdinand Hodler.

Ecrire à la main

Lionel Baier a voulu en savoir plus sur la façon dont Godard travaille. «J'écris si possible à la main. Avant je tapais à la machine, mais j'aime mieux écrire à la main. Très souvent, j'écris tout petit. Après, je ne peux pas me relire. Donc je dois le réécrire. C'est déjà quelque chose». Et de citer Boileau, qui «avait raison»: cent fois sur le métier remettez votre ouvrage.

Le réalisateur résume: «Je fais». Et de plaider pour un léger décalage: «Changer un petit peu... plutôt diffuser un film dans une salle de théâtre que dans un cinéma. Essayer d'être décalé, mais sans le dire, le faire», a-t-il dit en ponctuant cette déclaration d'un large sourire.

Le cinéaste a encore lancé une recommandation aux jeunes gens. «Pendant la Nouvelle Vague, je pensais qu'il fallait enseigner le cinéma à l'Université. Comme maintenant il faut un bac x années pour tout, je leur recommanderai plutôt de rentrer chez eux et de faire autre chose.» (nxp/ats)

(NewsXpress)
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