Golfs saccagés à Genève: les propos de la cheffe des Verts indignent

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GenèveGolfs saccagés: les propos de la cheffe des Verts indignent

Lundi au 19:30, Delphine Klopfenstein Broggini n’a pas condamné les actes de vandalisme des derniers jours. Des élus de droite sont choqués, le président du PS se dit opposé à toute déprédation.

Sur la RTS, Delphine Klopfenstein Broggini a estimé que les actions telles que le saccage des golfs (ici celui de Genève) «ont leur raison d’être» dès lors qu’elles sont «pacifiques».

Sur la RTS, Delphine Klopfenstein Broggini a estimé que les actions telles que le saccage des golfs (ici celui de Genève) «ont leur raison d’être» dès lors qu’elles sont «pacifiques».

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«Une action symbolique», qui «reste très pacifique», et qui «montre surtout que le golf fait partie des sports les plus polluants au monde» en utilisant «une quantité d’eau énorme». Lundi soir, au 19:30 de la RTS, la conseillère nationale Verte Delphine Klopfenstein Broggini, présidente du parti écologiste genevois, n’a pas condamné, loin s’en faut, les actions de vandalisme perpétrées ces derniers jours par des militants climatiques sur les greens des clubs de Lausanne, Payerne et Genève. Si elle a affirmé pour sa part avoir fait le choix de l’action politique, elle a aussi estimé «qu’il y a d’autres manières de véhiculer des messages et que ces actions, à partir du moment où elles sont pacifiques, ont leur raison d’être».

«Dégrader n’est pas pacifique»

Ces mots qui apparaissent comme une justification, sur fond d’urgence climatique, d’une action illégale, ont choqué plusieurs élus, surtout à droite. Ainsi la présidente de l’UDC genevoise Céline Amaudruz, elle aussi élue nationale, se montre-t-elle très critique. «La dégradation de la propriété privée n’est pas pacifique.» Elle estime que «la législation est très claire. L’ignorer, pour une élue, c’est se parjurer. La morale ne doit pas être placée au-dessus des lois.» A ses yeux, de tels propos émanant d’un élu «donnent un inacceptable blanc-seing» à de telles actions. 

Même réprobation du côté de Lionel Dugerdil, le vigneron UDC candidat au Conseil d’Etat. «S’attaquer au bien d’autrui n’est pas une action pacifique. J’aime bien quand cela bouge vite, mais la violence n’a jamais sa place, sinon, où s’arrête-t-on? C’est d’autant plus vrai en Suisse, où nous avons la plus belle démocratie du monde et où le peuple a la parole.»

«La ligne rouge est franchie»

Pour l’agriculteur Jacques Blondin, président du Centre, «la ligne rouge est franchie. Les musées, les routes, les golfs, les riches, on mélange tout. Je suis surpris de la quittance donnée par une élue à de telles actions.» Pour lui, la question de savoir si elles sont pacifiques est hors sujet. «Il y a le respect du droit et celui de la propriété privée. Les débats de société peuvent être lancés, mais dans un cadre démocratique. Il faut utiliser les bons moyens et il y en a. Si la gauche cautionne toutes les actions non violentes, on ne sait pas où cela va s’arrêter.»

Les dégâts «contre-productifs»

Président du Parti socialiste genevois, Thomas Wenger fixe justement une limite très claire: ni violences ni dégradations d’aucune sorte. Il juge bien sûr «indispensable de pouvoir alerter sur les enjeux de la protection climatique, de l’environnement et de l’eau. J’entends le malaise voire la colère face à l’inaction.» Quant aux moyens, il soutient l’action politique, mais estime qu’elle ne suffit pas. L’action associative est «essentielle», celle de «toute la société civile» également. «On a assez de moyens d’agir, y compris la désobéissance civile, comme le fait de se coller les mains sur le bitume. Les dégâts et la violence sont des lignes à ne pas franchir.» Pour lui, dès qu’elles le sont, «cela devient contre-productif» et brouille le message.   

«Je ne souscris pas au vandalisme»

Contactée mardi, Delphine Klopfenstein Broggini a tenu à préciser sa position: «Je n’appelle pas au vandalisme et n’y souscris pas. La dégradation des biens n’est pas une solution.» Ainsi, l’action de saccage des golfs «est révélatrice d’un certain état de la jeunesse. Le chemin pris en 2019, celui des manifestations, me semble être le juste chemin. Après, il y a l’engagement auprès des associations, ces autres endroits où l’on peut s’exprimer. Mais la droite à Berne porte une responsabilité dans la lenteur actuelle de la politique climatique en Suisse. Cela en amène certains à être impatients.» 

 

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