États-Unis: Google accusé de museler ses contractants
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États-UnisGoogle accusé de museler ses contractants

La justice américaine va examiner les clauses de confidentialité imposées par le géant américain, qui vont trop loin selon les plaignants.

Comme ses rivaux de la Silicon Valley, la firme de Mountain View impose des clauses béton.
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Comme ses rivaux de la Silicon Valley, la firme de Mountain View impose des clauses béton.

keystone-sda.ch

On ne joue pas les lanceurs d’alertes, ni même écrit un roman sur son environnement de travail une fois devenu contractant de Google. Les clauses du contrat le stipulent expressément, selon des travailleurs qui ont remonté l’affaire devant une Cour d’appel californienne où Google/Alphabet et l’une de ses sociétés de recrutement, Adecco, figurent sur le banc des accusés. L’étendue de leurs fameuses NDA (de l’anglais non-disclosure agreement pour accord de confidentialité) est au cœur du débat. Selon les plaignants, des clauses violent un certain nombre de lois du travail californiennes, y compris la liberté d’expression, en obligeant les travailleurs à signer des clauses de confidentialité illégales.

Les employés contractants déclarent notamment ne pas pouvoir parler de leur salaire, de leurs conditions de travail ou de leurs collègues, selon le dossier du tribunal. Quant aux employés placés temporairement par l’intermédiaire d’Adecco, ils ne peuvent pas travailler directement pour Google sans l’autorisation de l’agence de placement, s’indignent les plaignants.

En pratique, les plaignants affirment qu’il leur est même interdit d’écrire un roman sur le travail dans la Silicon Valley ou de rassurer leurs parents qu’ils gagnent suffisamment d’argent pour payer leurs factures, des questions qui ne sont liées à aucun besoin légitime de confidentialité

Extrait du dossier d’accusation.

Interrogés par CNBC, tant Google et Adecco n’ont pas voulu commenter. Comme le relève la chaîne américaine, les sous-traitants de Google, soit les intérimaires, les fournisseurs ou les sous-traitants, n’ont pas accès aux mêmes politiques et avantages que les employés ordinaires, même s’ils représentent plus de la moitié de l’effectif total du géant californien. La pandémie de Covid-19 aurait encore accentué ce système à deux vitesses.

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