Hongrie: Gordon Bajnai confirmé pour le poste de premier ministre

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HongrieGordon Bajnai confirmé pour le poste de premier ministre

Gordon Bajnai, ministre de l'Economie sans étiquette, a été désigné formellement dimanche comme candidat au poste de Premier ministre.

Il pourrait remplacer le socialiste démissionnaire Ferenc Gyurcsany sans passer par de nouvelles élections.

Le parti socialiste (MSZP)a pris cette décision lors d'un congrès extraordinaire à Budapest. Les députés socialistes devraient déposer lundi une «motion de censure constructive» dans ce sens.

Elle permettra de changer de chef du gouvernement sans dissoudre l'assemblée, ni organiser des élections législatives anticipées. Le MSZP dispose de 188 des 386 sièges du parlement. Le vote est prévu le 14 avril.

Associés à leurs anciens alliés libéraux, dont le conseil national a également investi M.Bajnai dimanche soir, les socialistes sont en mesure d'atteindre la majorité simple, requise pour faire adopter la motion. Les libéraux avaient déjà annoncé que le plan économique de Gordon Bajnai était «crédible».

«Mon objectif est que dans un an, ensemble, nous puissions dire que la Hongrie est restée debout et a bien géré la crise», a annoncé l'économiste de 41 ans aux 650 délégués socialistes du congrès. Il a reçu l'aval du parti à hauteur près de 93%.

Gordon Bajnai prévoit une réduction de deux milliards d'euros (trois milliards de francs) des dépenses de l'Etat pour restaurer la confiance des investisseurs étrangers. Pour la population, les mesures seront douloureuses: perte du 13e mois de salaire pour les fonctionnaires, pertes de pension pour les retraités, suppressions d'allocations sociales et familiales.

Première femme à la tête du parti

De son côté, la présidente du groupe socialiste au Parlement hongrois, Ildiko Lendvai, âgée de 63 ans, a été élue à la tête du MSZP à la place de Ferenc Gyurcsany, qui avait également démissionné de cette responsabilité. Mme Lendvai devient ainsi la première femme à diriger le Parti socialiste.

Dimanche après-midi à Budapest, environ 50'000 sympathisants de partis de droite et d'extrême droite ont dénoncé cette méthode et réclamé l'organisation d'un scrutin anticipé. Des élections législatives sont prévues au printemps 2010.

La Hongrie, en proie à une crise politique, est l'un des pays d'Europe de l'Est les plus durement frappés par la crise économique, en raison notamment du haut niveau de l'endettement public.

Ferenc Gyurcsany, à la tête d'un gouvernement minoritaire depuis un an, avait annoncé sa démission-surprise le 21 mars. Il s'était révélé incapable de réunir une majorité parlementaire sur son vaste plan de réformes pour sortir le pays de la crise.

(ats)

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