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SantéGrande inégalité entre Suisses et étrangers

Les étrangers vivant en Suisse sont toujours en moins bonne forme que les Suisses eux-mêmes, selon une étude conjointe de l'OFSP et de l'ODM.

Les étrangers vivant en Suisse sont généralement en moins bon état de santé que la population autochtone, étant par exemple plus facilement en surpoids. Ils ne recourent pas pour autant plus souvent au système de soins. C'est ce qui ressort d'une enquête réalisée par les Offices fédéraux de la santé publique (OFSP) et des migrations (ODM).

En automne 2010, 3000 immigrants de Turquie, du Portugal, de Serbie, du Kosovo, de Somalie et du Sri Lanka ont fourni des informations sur leur état de santé et leur comportement en la matière, sur leur recours à des prestations médicales ainsi que sur leurs connaissances sanitaires, ont communiqué mardi l'OFSP et l'ODM.

A l'instar d'une première enquête de ce type réalisée en 2004, les résultats révèlent de «nettes inégalités» entre la population helvétique et les migrants en Suisse. Dans bien des cas, l'état de santé physique et psychique des personnes interrogées est en effet plus mauvais que celui de la population autochtone. Par contre, aucune différence systématique n'a pu être recensée dans le recours à des prestations médicales.

Les résultats de la recherche mettent en évidence les facteurs qui influencent l'état de santé des personnes sondées. Ainsi, plus leur niveau de formation et leurs compétences linguistiques sont élevés, meilleur est leur état de santé. Par ailleurs, les migrants qui sont arrivés récemment en Suisse sont en meilleure santé que ceux qui y vivent depuis un certain temps. Au sein de la population issue de la migration, les femmes ont un état de santé moins bon que les hommes.

Moins d'alcool

Des différences ont également été relevées dans le comportement sanitaire: chez les migrants questionnés, la consommation de tabac est plus élevée, mais celle d'alcool «nettement» plus faible. En matière d'alcool, 99% des Somaliens sont abstinents; c'est le cas de deux tiers des Sri-Lankais. Les étrangers consomment moins de fruits et légumes et sont «nettement plus souvent» physiquement inactifs. Ils souffrent d'ailleurs «beaucoup plus souvent» de surpoids.

Cette enquête fait partie du "Programme national migration et santé 2008-2013", qui vise à améliorer l'état de santé de la population migrante vivant en Suisse et son comportement en la matière. Outre la recherche, il prévoit des mesures dans les domaines suivants: promotion de la santé et prévention, formation et couverture médicale ainsi qu'interprétariat communautaire. Avec ce programme, l'OFSP participe au plan d'intégration du Conseil fédéral visant à améliorer la situation des migrants. (ap)

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