Actualisé 21.07.2018 à 10:17

Syrie

Grande première pour Paris et Moscou en Syrie

Pour la première fois depuis le début du conflit, la France s'est associée à la Russie pour livrer de l'aide humanitaire en Syrie.

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La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans le Sud et le Centre de la Syrie. (Jeudi 5 mars 2020)

La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans le Sud et le Centre de la Syrie. (Jeudi 5 mars 2020)

AFP
Les frappes russes ont notamment touché le village de Qaminas, au sud de la ville d'Idleb. (Lundi 24 février 2020)

Les frappes russes ont notamment touché le village de Qaminas, au sud de la ville d'Idleb. (Lundi 24 février 2020)

AFP
Les forces du régime syrien ont pénétré dans la ville stratégique de Saraqeb mercredi, poursuivant leur offensive dans la province d'Idleb. (Mercredi 5 février 2020)

Les forces du régime syrien ont pénétré dans la ville stratégique de Saraqeb mercredi, poursuivant leur offensive dans la province d'Idleb. (Mercredi 5 février 2020)

AFP

La France et la Russie vont convoyer ensemble vendredi soir de l'aide humanitaire vers la Syrie, à destination d'une enclave rebelle reprise par le régime en avril, une première dans le conflit qui ravage le pays depuis 2011.

Un gros porteur Antonov 124 de l'armée russe s'est posé peu avant 20H00 à Châteauroux (centre de la France) pour charger 50 tonnes de matériel médical et de produits de première nécessité, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place. Une fois son chargement embarqué, il doit redécoller en fin de soirée vers la base russe de Hmeinim, dans l'ouest de la Syrie, a-t-on indiqué au ministère français des Affaires étrangères. Cette opération humanitaire conjointe est une première en Syrie entre la Russie, qui a changé la donne en volant militairement au secours du président Bachar el-Assad en 2015, et un pays occidental.

«Dans le cadre de la résolution 2401 du Conseil de sécurité des Nations Unies, ce projet a pour objectif de permettre un meilleur accès de l'aide aux populations civiles», a relevé la présidence française dans un communiqué conjoint franco-russe. L'aide doit être distribuée dès samedi vers la Ghouta orientale, près de Damas, sous la supervision du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) des Nations unies, a-t-on précisé au Quai d'Orsay.

«La Russie a gagné»

La France a obtenu des «garanties» de la Russie que le régime ne ferait pas obstruction à l'acheminement, comme il le fait régulièrement avec les convois de l'ONU, et que toute «récupération politique» et tout «détournement» du matériel seraient évités, selon Paris. «Les Russes sont intervenus de manière très décisive pour que les autorisations soient délivrées» et que l'aide soit acheminée «dans des délais décents», a-t-on souligné au Quai.

Paris a fourni le fret, évalué à 400.000 euros, la Russie se chargeant du transport. Pendant trois heures, équipements médicaux, tentes, kits de cuisine et couvertures ont été embarqués dans le ventre béant du cargo. Le matériel médical (antiobiotiques, matériel de réanimation, perfusions, compresses..) est destiné à 500 blessés lourds et 15.000 blessés légers de la Ghouta orientale, cible d'un déluge de feu du régime en mars-avril avant de capituler au bout de cinq ans de siège.

Après Alep, Homs et la Ghouta, Bachar el-Assad poursuit sa reconquête face aux rebelles et djihadistes avec l'aide de la Russie, mais aussi de l'Iran et du Hezbollah libanais. Pour François Heisbourg, président de l'IISS (International Institute for Strategic Studies) de Londres, la France «prend acte avec cette opération du fait que Bachar et la Russie ont gagné militairement».

«Pas de bons et mauvais Syriens»

«C'est quelque part la reconnaissance d'un état de fait», dit-il à l'AFP. «Les Russes voulaient valoriser politiquement leur victoire militaire. Encore faut-il que des interlocuteurs soient prêts à jouer le jeu», relève-t-il. La France se défend de son côté de valider d'une quelconque manière une «pax russa» en Syrie. «Ce n'est pas un coup politique, c'est une opération humanitaire», insiste-t-on à Paris.

«Nos exigences à l'égard de la Russie et notre vision de la solution politique ne changent pas», mais «si nous voulons une solution politique, il faut des mesures de confiance», ajoute-t-on. Le président Emmanuel Macron tente depuis des mois d'impliquer les Occidentaux dans la recherche d'une solution politique, sous l'égide de l'ONU. Mais le processus patine, Bachar el-Assad étant d'autant moins enclin à négocier qu'il avance militairement.

L'octroi d'une aide française dans des zones sous contrôle du régime pourrait aussi poser question. «Elle doit être dispensée (..) partout sur le territoire syrien sans exception, où le droit international humanitaire doit être pleinement respecté», réplique le communiqué commun. «En matière humanitaire, nous n'avons jamais décidé qui étaient les bons Syriens, qui étaient les mauvais Syriens», renchérit-on au Quai, en rappelant que le programme d'urgence de 50 millions d'euros annoncé par Emmanuel Macron en avril s'adresse à toute la Syrie. (nxp/afp)

La dernière poche de l'EI en Syrie pilonnée, 26 civils tués

Vingt-six civils ont été tués vendredi dans des frappes aériennes sur des zones contrôlées par le groupe Etat islamique (EI) dans la province de Deraa, dans le sud de la Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a précisé à l'AFP que 11 enfants avaient été tués. Le bilan pourrait encore s'alourdir en raison des «dizaines de blessés, certains dans un état grave», a-t-il ajouté. Après Alep, Homs et la Ghouta, Bachar al-Assad poursuit donc sa reconquête face aux rebelles et djihadistes avec l'aide de la Russie, mais aussi de l'Iran et du Hezbollah libanais.

(NewsXpress)

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