Grandeur et misère d'existences dans un Brésil à l'agonie
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Grandeur et misère d'existences dans un Brésil à l'agonie

ROMAN – Luiz Ruffato dissèque, dans «Des gens heureux», les liens qui fondent une société en pleine déchéance.

Un plongeon dans une eau limpide peut soulever la boue du fond du puits. Nous sommes dans une petite communauté italienne à l'intérieur du Minas Gerais, Etat de l'intérieur du Brésil méridional: un père vindicatif et violent suit la lente désagrégation de la famille; le remords et la maladie rongent une femme; une mère et un fils règlent leurs comptes avec le passé; un homme se sent coupable d'un crime qu'il n'est pas sûr d'avoir commis; un autre homme disparaît sans laisser de traces; un professeur garde un terrible secret. L'auteur, critique littéraire au journal Folha de São Paulo, qui a reçu une mention spéciale en 2001 pour le prix Casa de Las Americas à La Havane pour son livre «Os Sobreviventes», propose ici des portraits minutieux d'une société à l'agonie, qui nous font voir les multiples facettes des comportements, et la complexité des relations entre les protagonistes du drame. On peut y retrouver les fils conducteurs et les structures du groupe familial, mais on peut aussi se laisser emporter, dans ce panorama social intense et cruel, par le texte lui-même et l'inventivité narrative de l'auteur, qui recherche sa structure davantage dans le vocabulaire de la création plastique que dans la tradition littéraire. Une beauté sombre, gothique!

(ap)

Luiz Ruffato (traduit du brésilien par Jacques Thiériot) «Des gens heureux», Métailié

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