Actualisé 02.10.2013 à 14:15

Russie

Greenpeace: 14 militants inculpés de piraterie

La justice russe a inculpé mercredi pour «piraterie en bande organisée» cinq des trente activistes de l'ONG arrêtés la semaine passée.

La justice russe a inculpé mercredi pour «piraterie en bande organisée» quatorze des trente militants de Greenpeace arrêtés la semaine passée.

Ils risquent de dix à quinze ans de prison pour s'en être pris à une plate-forme pétrolière dans l'Arctique. Le militant suisse n'est pour l'heure pas concerné par ces inculpations.

L'ONG a l'intention de porter plainte contre les «actions illégales des enquêteurs et des organes judiciaires». Selon Greenpeace, plusieurs irrégularités ont été commises, notamment lors de l'arrestation des militants. Greenpeace a dénoncé une décision «irrationnelle, destinée à intimider et à (la) réduire au silence».

Les quatorze inculpés sont quatre Britanniques, une Brésilienne, une Finlandaise, une Argentine, deux Néerlandais, un Polonais, deux Russes, un Ukrainien et un Suédo-Américain d'origine russe. «Les inculpations de piraterie ne sont pas fondées et ne s'appuient sur aucune preuve», a déclaré Irina Issakova, avocate, citée dans un communiqué de l'ONG.

«Accusation disproportionnée»

«C'est une accusation extrême et disproportionnée», a estimé pour sa part le directeur exécutif international de Greenpeace, Kumi Naidoo.

Ce dernier a aussi estimé qu'il s'agissait de la «menace la plus sérieuse» contre l'activité «pacifique» de l'association depuis l'épisode du Rainbow Warrior, coulé en 1985 dans le port d'Auckland (Nouvelle-Zélande) par les services secrets français. Le navire faisait alors campagne contre les essais nucléaires menés en Polynésie.

Navire arraisonné

L'équipage de l'Arctic Sunrise, qui compte un Suisse de 28 ans, a été placé en détention à Mourmansk (nord-ouest) et dans sa région. Le brise-glace a été arraisonné le 19 septembre en mer de Barents (Arctique russe) par un commando héliporté des gardes-côtes russes.

Auparavant, plusieurs militants de Greenpeace avaient tenté d'escalader une plate-forme pétrolière du géant russe Gazprom pour en dénoncer le risque écologique. Le Comité d'enquête russe avait alors indiqué avoir ouvert une enquête pour piraterie.

Droit enfreint

Les militants ont nié ces accusations, et accusé la Russie d'avoir pris illégalement d'assaut leur bateau dans les eaux internationales.

Le président russe Vladimir Poutine a reconnu que les militants «n'étaient pas des pirates» mais a souligné qu'ils avaient «enfreint le droit international». Après ces déclarations, le comité d'enquête avait indiqué que les accusations pourraient être réduites pendant l'enquête.

Pour Alexandre Morozov, rédacteur en chef du site Rousski Journal, «la sévérité des accusations est liée au fait que le Kremlin est persuadé qu'un 'complot mondial' se joue derrière les actions de Greenpeace». Les autorités russes pensent qu'«il ne s'agit pas de société civile, mais de manigances de la CIA, que c'est une 'commande'», a-t-il déclaré.

Quant à Tatiana Lokchina, de l'antenne moscovite de l'ONG Human Rights Watch, elle a dénoncé une «histoire kafkaïenne». «Nous avions l'impression qu'à l'approche des Jeux olympiques d'hiver de Sotchi, le pouvoir russe faisait des révérences face à l'opinion publique occidentale», a-t-elle déclaré. Mais dans cette affaire, «la volonté d'effrayer a surpassé le reste», selon elle.

Action à Bâle

En signe de protestation, des militants de Greenpeace ont perturbé mardi soir le début de la rencontre de football entre le FC Bâle et le club allemand de Schalke 04, dont le sponsor est précisément le géant gazier russe Gazprom.

Dix-sept militants ont été arrêtés par la police bâloise après avoir déployé à mi-hauteur du stade une grande banderole portant ses mots: «Dont foul the Artict» (Ne souillez pas l'Arctique», ndlr).

Une plainte pénale pour violation de domicile a été déposée par Basel United, société qui gère le stade du FC Bâle, a indiqué mercredi à l'ats le Ministère public de Bâle-Ville. (afp)

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