Actualisé 14.03.2016 à 12:28

NucléaireGreenpeace dépose un recours sur Beznau

Greenpeace veut qu'Axpo et l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) dévoilent un rapport sur la sécurité de la centrale.

par
Pascal Schmuck
Zurich
Greenpeace ne peut pas laisser Beznau I redémarrer.

Greenpeace ne peut pas laisser Beznau I redémarrer.

photo: Keystone

Greenpeace annonce lundi qu'elle a déposé un recours auprès du Tribunal administratif fédéral (TAF). L'association veut qu'un rapport datant de 2011 sur la sécurité de la centrale de nucléaire de Beznau soit entièrement rendu public, comme le recommande d'ailleurs le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence.

L'organisation écologiste explique qu'Axpo, qui exploite Beznau, a fait pression sur l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) pour qu'elle garde le rapport de 950 pages sous le boisseau.

Beznau 1 toujours hors service

Selon Greenpeace et Florian Kasser, son chargé de campagne nucléaire, la cuve de pression du réacteur de Beznau 1 présente «plus de 1000 faiblesses». A titre de rappel, cela fait un an que le plus vieux réacteur du monde a été déconnecté et ne produit plus d'électricité.

Axpo a en effet interrompu les activités de la centrale afin de permettre le remplacement du couvercle de la cuve. Ce qui a été accompli à l'été 2015, quelques jours avant que la direction n'annonce le début de la révision de Beznau 2. Cette dernière est terminée et le réaction a pu recommencer à produire de l'électricité. Mais pas Beznau 1.

Une «transparence soviétique»

Greenpeace essaie depuis plus d'un an d'avoir accès à ce rapport de 1000 pages, malgré le soutien du Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence.

L'IFSN en a publié une cinquantaine sur son site mais il y a encore 950 pages qui restent secrètes. «Elles contiennent des détails primordiaux sur le vieillissement et l'usure de la cuve», a déclaré Florian Kasser au Blick, déplorant au passage «la transparence soviétique» entourant ce rapport

Le porte-parole d'Axpo, Antonio Sommavilla, rejette ces reproches. Il n'y a dans le rapport «aucune réserve technique de sécurité contre la poursuite de l'exploitation», a-t-il ajouté. Si Axpo refuse de publier ces 950 pages, c'est pour protéger ses secrets d'affaires et de fabrication, a-t-il encore précisé.

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