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RussieGreenpeace veut tirer les leçons des arrestations

L'organisation environnementale pourrait à l'avenir mettre la pédale douce dans ses actions dans certains pays.

La Russie a répondu avec une dureté inhabituelle à l'action de Greenpeace sur une plate-forme pétrolière en septembre dernier, estime l'organisation environnementale. Cette criminalisation des actions de l'organisation est vraiment unique, a expliqué en substance Cécile Bühlmann, présidente du conseil de fondation de Greenpeace Suisse, dans une interview publiée dans la «Zentralschweiz am Sonntag».

«Nous devrons maintenant tirer les leçons de cette expérience», a-t-elle poursuivi. «Nous allons discuter au niveau de Greenpeace International des risques que nous voulons prendre à l'avenir.» Le sujet sera également abordé lors de la réunion des trente bureaux nationaux et régionaux de Greenpeace en Espagne en mai prochain.

L'ONG ne regrette pas son intervention

Toutefois, un changement fondamental d'orientation n'est pas à l'agenda. Concernant l'action menée sur la plate-forme pétrolière russe, Cécile Bühlmann regrette le résultat, mais pas l'action en elle-même. Elle ne peut s'imaginer que Greenpeace renonce à l'avenir à ce type d'actions délicates, même en dehors des pays occidentaux.

En raison de cette «dernière expérience», l'organisation devra cependant évaluer les risques dans certains pays avec davantage de prudence. On ne peut pas par exemple mener les mêmes actions en Chine qu'en Suisse, estime l'ONG. De plus, les militants devraient être mieux informés des risques qu'ils prennent, même si ceux-ci ne peuvent pas être complètement évalués.

Selon Mme Bühlmann, les conséquences de l'action menée en Russie se sont révélées «plus lourdes que prévu». «Pour nous, le plus important est que nos gens soient acquittés».

Libérés mais toujours en Russie

Les 30 membres de l'équipage avaient été arrêtés en septembre après une action menée contre une plate-forme pétrolière de Gazprom dans l'Arctique. Ils ont été inculpés de piraterie, puis, fin octobre, d'hooliganisme.

Les membres étrangers de l'équipage, dont le Suisse Marco Weber, ont été remis en liberté contre le versement d'une caution de deux millions de roubles chacun (55'500 francs). Un seul militant, l'Australien Colin Russell, a vu sa détention provisoire prolongée de trois mois, jusqu'au 24 février 2014.

Samedi, le chef de l'administration présidentielle russe avait indiqué que les membres de l'équipage du navire de Greenpeace pourront quitter la Russie une fois les procédures juridiques réglées, mais sans dire si les accusations de piraterie ou d'hooliganisme retenues contre eux avaient été levées. (ats)

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