Actualisé 24.10.2014 à 09:57

Australie

Greffe réussie de coeurs ayant cessé de battre

Des chirurgiens australiens ont annoncé vendredi avoir greffé des coeurs qui avaient cessé de battre à des receveurs adultes. Ceux-ci ont survécu à l'opération. Cette technique rare n'avait jusque-là été utilisée que chez de jeunes enfants.

Les premières greffes réalisées dans les années 1960 l'avaient été dans la plupart des cas avec des coeurs arrêtés. Mais depuis, les médecins n'utilisent que les organes de donneurs en état de mort cérébrale (ou mort encéphalique) dont le coeur continue de battre.

Le temps entre le prélèvement et la greffe est alors un facteur déterminant. Le prélèvement d'un coeur après un arrêt cardiocirculatoire pose la question de la réanimation de l'organe dans un délai de quelques minutes après son arrêt et de sa préservation avant la transplantation.

Dans une machine jusqu'à la greffe

Dans le cas des transplantations effectuées par l'hôpital St Vincent et l'institut de recherche sur le coeur Victor Chang, deux établissements de Sydney, les coeurs étaient arrêtés depuis moins d'une vingtaine de minutes. Ils ont été réanimés et envoyés à des centaines de kilomètres pour un temps de transport de cinq à huit heures.

«Seules trois personnes dans le monde» ont été transplantées grâce à cette méthode, a expliqué Kumud Dhital, chirurgien et professeur associé à l'université de Nouvelle-Galles du Sud de Sydney. «Aucun adulte n'a reçu de greffe cardiaque DDAC (donneur décédé après arrêt circulatoire) depuis les toutes premières dans les années 1960», a confirmé Peter MacDonald, directeur de l'unité de transplantation au St Vincent.

«Nous savons que dans une certaine limite de temps, le coeur, comme d'autres organes, peut être réanimé, relancé et nous pouvons le faire aujourd'hui en récupérant un coeur arrêté et en le plaçant dans une machine jusqu'à la greffe», a ajouté Kumud Dhital.

Difficultés éthiques

Cette technique améliorée de conservation du coeur a été mise au point il y a une dizaine d'années par des Américains. Auparavant, le coeur était placé dans de la glace avant d'être transplanté.

Elle permettra de sauver «30% de vies en plus», écrit l'hôpital St Vincent dans un communiqué. En outre, elle devrait régler des difficultés éthiques dans certains pays où la mort cérébrale n'est pas reconnue.

«Cela ouvre potentiellement des perspectives de transplantation cardiaque dans des pays comme le Japon, le Vietnam et d'autres encore où la définition de la mort est la mort cardiaque, pas la mort cérébrale», a souligné le directeur exécutif de l'institut Victor Chang.

Michelle Gribilas est la première des trois receveurs concernés. Très malade avant la greffe, elle se sent désormais «une personne complètement différente». Le deuxième receveur, Jan Damen, transplanté il y a deux semaines, affirme être «en pleine forme». Le troisième patient est toujours en soins intensifs. (ats)

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