Ligue nationale A: Gregory Hofmann: «La NHL dans un coin de ma tête»
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Ligue nationale AGregory Hofmann: «La NHL dans un coin de ma tête»

L'attaquant de tout juste 20 ans a fait un début de saison remarquable avec le HC Davos. Rencontre avec un jeune homme ambitieux.

par
Robin Carrel
Davos
Le Neuchâtelois Grégory Hofmann se plait dans les Grisons.

Le Neuchâtelois Grégory Hofmann se plait dans les Grisons.

- Entre l'été 2010 et l'été 2012, vous avez joué 165 matches. N'était-ce pas trop ?

- Je ne sais pas si c'est trop... Mais c'est clair que j'ai joué pas mal pendant ces deux saisons. Il y a eu ensuite le camp d'entraînement avec les Carolina Hurricanes et après, j'ai directement enchaîné la saison avec Ambri-Piotta, puis les championnats du monde M20. C'était beaucoup de matches, mais je n'ai pas spécialement eu beaucoup de temps de glace lors de ces rencontres.

- Au milieu de tout ça, avez-vous eu le temps de faire une vraie préparation ?

- Quand les matches s'enchaînent ainsi, on n'a pas énormément de temps pour s'entraîner. De plus, la préparation n'a pas été vraiment bonne pour moi. Le temps passé en Amérique du Nord m'a empêché de bien faire le travail qu'on effectue d'habitude en été avec l'équipe. Je suis arrivé en dessous du reste du contingent en début de saison et ça a continué le reste de l'année. C'est difficile de récupérer le retard.

- De plus, à Ambri, les deux saisons ont terminé à chaque fois en avril...

- Oui, tu finis tard et avec l'accumulation de toutes ces choses, tu n'as jamais le temps de prendre du repos. En plus, tu batailles toute l'année pour tenter d'arriver en play-off, mais tu n'y arrives pas. Tu perds des matches et le mental est touché. Mais tu dois quand même continuer de travailler...

- Avec Davos, cette année, vous avez enfin pu faire le boulot cet été.

- C'était le plus important pour moi. J'ai toujours su que si je pouvais avoir une bonne préparation, j'arriverais prêt pour le début du championnat et que je pourrais enfin me concentrer pour faire une bonne saison.

- Du coup, vous avez été meilleur pointeur en début d'exercice et tout s'est bien enchaîné.

- C'est clair... J'ai eu beaucoup de chance depuis le début de l'exercice. Le coach m'a donné directement de la place et m'a fait confiance. Toute l'équipe m'a aidé quand je suis arrivé. Ils m'ont super bien intégré dès l'été. C'était génial pour moi d'être dans cette équipe-là avec des joueurs expérimentés comme Reto von Arx, Joseph Marha... Tout était positif d'entrée et le travail a payé.

- Vous flambiez, mais l'équipe connaissait quelques ratés. Comment on vit cela ?

- C'est vrai qu'on regarde en premier lieu le groupe. C'était difficile, car on arrivait pas à enchaîner les bons résultats.

- La Coupe Spengler débute la semaine prochaine, des blessés vont faire leur retour. Est-ce le vrai coup d'envoi de la saison de Davos ?

- Les trois prochains matches qui arrivent, mardi contre Genève et le week-end prochain à Kloten, puis la réception de Zoug, sont très importants. On va essayer de gagner les trois. Ensuite, il y a des joueurs qui reviennent et ça va donner un plus à l'équipe. Il faut bien bosser et les points devraient tomber.

- Si le lock-out perdure, la Spengler sera d'un très haut niveau, non ?

- Cela sera ma première Spengler et pour moi, c'est phénoménal. Je la regardai à la télévision quand j'étais petit et c'était un rêve de pouvoir une fois y jouer. Aujourd'hui je suis à une semaine du début des hostilités et il y a ce lock-out... Si toutes les stars de NHL y participent, ce sera incroyable.

- S'entraîner avec von Arx, Thornton et compagnie, cela permet de leur piquer des trucs. Ne serait-ce que techniquement ?

- Bien sûr ! Ces deux joueurs et Marha aident beaucoup les jeunes éléments. Ils nous parlent beaucoup et cela aide à être en confiance. Après, tu n'as pas peur d'aller vers eux pour discuter. Quand tu les vois faire ce qu'ils réussissent sur la glace et avec l'expérience qu'ils ont, tu essayes de regarder un maximum et d'apprendre.

- Vous avez déjà joué à Ambri, en Amérique du Nord, à Davos maintenant... Est-ce qu'avec tout ce que vous avez vécu, on n'a pas tendance à oublier que vous n'avez que 20 ans ?

- Je suis très jeune, c'est vrai. J'ai encore pas mal de choses à découvrir. Mais c'est important de faire des gros progrès et mes preuves maintenant. C'est une période où tu es certes jeune, mais tu as des qualités et tu peux déjà faire de belles choses. Qu'il y ait un peu de pression sur moi, cela ne me pose pas de problème. A Ambri aussi, j'en avais. En Léventine, on était une équipe sans expérience et on était en play-out. J'avais pas mal de responsabilités là-bas, alors que j'avais à peine 18 ans. Ce n'est pas toujours évident, mais avec les années qui passent, tu t'y habitues et tu finis par ne plus y penser.

- Sean Simpson fait la part belle aux jeunes en équipe de Suisse. C'est un objectif ?

- Bien sûr. Je pense que c'est quelque chose que je peux viser pour ces prochaines années. C'est réaliste. Mais il ne faut pas trop que j'y pense, que je travaille ici où je sais qu'il y a d'excellentes bases pour mon futur.

- Et l'Amérique du Nord ?

- Pas cette saison. Il y a ce lock-out et ce n'est pas pour maintenant. J'ai envie de bien bosser ici, de devenir un bon joueur suisse en LNA, de faire mes preuves. Peut-être qu'ensuite, j'aurai la chance de partir. C'est clair que cela reste le rêve absolu, parce que c'est ce que tous les hockeyeurs veulent connaître un jour.

- Brunner, Niederreiter, Bärtschi... Les attaquants helvétiques commencent à avoir leur chance en NHL.

- C'est magnifique pour le hockey suisse ! Chaque année qui passe, il y a toujours plus de chances pour nous d'avoir l'opportunité de traverser l'Atlantique. Bärtschi, je le connais bien pour avoir joué avec lui dans les sélections de jeunes et c'est un super joueur. Je suis heureux pour lui. Dans un coin de ma tête, je me dis que c'est de ça que j'ai envie.

- Sur un plan plus personnel, vous avez joué au Tessin, vous êtes passé par les Etats-Unis, les Grisons maintenant. Sacrée école de vie...

- Je parle français et italien parfaitement. L'anglais, je me débrouille bien, et maintenant, je suis en train d'apprendre l'allemand. Pas le suisse-allemand, parce que je n'y arriverai jamais. En allemand, je me débrouille déjà pas mal, mais je passe un peu pour un con des fois... C'est comme ça qu'on apprend !

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