Actualisé 07.04.2019 à 05:52

Suisse

Grève des femmes: il faudra demander congé

La grève des femmes prévue le 14 juin est illicite au regard de la constitution fédérale, estime une avocate spécialisée dans le droit du travail.

Faire grève n'est pas toujours sans conséquence.

Faire grève n'est pas toujours sans conséquence.

Keystone/Photo d'illustration

Les employés qui participeraient à la grève des femmes, le 14 juin, sans avoir demandé un congé risquent un avertissement, prévient une avocate spécialisée en droit du travail. Pour qu'il soit légal, «le débrayage doit se rapporter directement aux relations de travail entre un employeur et ses employés et non pas à des motifs politiques», explique Sandra Gerber dans un entretien diffusé par «Le Matin Dimanche». A propos du 14 juin, il s'agit davantage d'une manifestation que d'une grève, selon elle.

Si un employé venait à participer à la grève des femmes sans demande de congé préalable à son employeur, un licenciement immédiat serait toutefois disproportionné, poursuit l'avocate, sauf en cas d'antécédents ou d'avertissements préalables. Il s'expose à un avertissement pour «une absence injustifiée, voire un abandon de poste».

Licite pour les fonctionnaires vaudois

Le Conseil d'Etat vaudois a décidé de ne pas contester la grève des femmes. Il n'y aura pas de sanctions administratives, a-t-il fait savoir. En Valais en revanche, les fonctionnaires devront débrayer sur leur temps personnel. Les examens pour les étudiants et les apprentis du canton sont également maintenus ce jour-là.

Le 14 juin, les femmes sont appelées à faire grève du travail rémunéré, du travail domestique, de l'école et de la consommation. Les organisations ayant lancé le mouvement dénoncent la persistance des violences sexistes et des discriminations salariales, ainsi que la non-reconnaissance du travail domestique. Elles ont publié en janvier un manifeste, détaillant en 19 points les raisons de se mobiliser.

Le 22 septembre dernier, quelque 20'000 personnes avaient manifesté à Berne en faveur de l'égalité salariale entre hommes et femmes et contre la discrimination. Une quarantaine d'organisations étaient à l'origine de ce rassemblement. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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