Genève: Grève des fonctionnaires levée... pour l'instant
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GenèveGrève des fonctionnaires levée... pour l'instant

Les fonctionnaires ont voté la fin de leur débrayage débuté mardi dernier. Si le Canton maintient ses mesures d'économies, une nouvelle grève est cependant prévue.

par
David Ramseyer
Après leur assemblée générale, jeudi en début d'après-midi, environ 7000 fonctionnaires ont à nouveau défilé pour la 3e journée consécutive à Genève

Après leur assemblée générale, jeudi en début d'après-midi, environ 7000 fonctionnaires ont à nouveau défilé pour la 3e journée consécutive à Genève

«Si on se déculotte, on est foutu!», vocifère au micro une enseignante à la retraite. Mais les employés de l'Etat réunis ce jeudi en assemblée générale sur la Plaine de Plainplalais ne l'ont pas suivie. Environ deux tiers des 1500 personnes présentes ont décidé qu'il n'y aurait pas ce vendredi une 4e journée de grève de la fonction publique. Ce n'est peut-être que partie remise: un préavis de débrayage a été lancé pour le mardi 1er décembre, reconductible au jeudi 3 décembre.

Un risque d'effritement

Pour l'heure, opposé au projet du Canton confronté à une situation économique difficile de réduire les postes, geler les embauches et augmenter les heures de travail de l'administration, le personnel a besoin de souffler un peu. «La mobilisation est en train de baisser», a répété face à ses troupes pas toujours convaincues Pierre Simeth, président du Cartel intersyndical de la fonction publique. Confirmation de représentants des secteurs de la santé et de la police, notamment. Un jour de grève supplémentaire mettrait véritablement à mal les prestations à la population, ont-ils estimé. Si la détermination des fonctionnaires paraît intacte et la démonstration de force évidente, le combat risque d'être «de longue durée, il faut garder des forces» ont noté plusieurs orateurs. Des actions plus sectorielles pourraient tout de même avoir lieu. Ainsi, les enseignants du cycle d'orientation devraient boycotter la fête de l'Escalade, ne plus communiquer les notes des élèves et peut-être faire l'impasse sur de futurs voyages d'étude et camps de ski. «Suspendre la grève, c'est aussi donner du temps au Conseil d'Etat pour nous répondre», a de son côté argué Bilal Ramadan, membre du comité unitaire des services publics.

Le président du gouvernement s'est félicité de l'interruption du mouvement et affirme garder la porte ouverte à des négociations, même s'il déplore le manque de propositions, selon lui, du Cartel. «Nos objectifs ne varient pas, note toutefois François Longchamp. Nous devons prendre nos responsabilités pour préserver le bien-être du canton.» S'il salue également la levée de la grève, le député PDC Vincent Maître estime que «l'Etat ne peut plus surfer sur un train de vie qu'il n'arrive plus à financer».

Vote crucial au Grand Conseil

La droite élargie du parlement cantonal devrait voter en faveur du projet de loi du frein aux dépenses, ce vendredi soir. Une loi qui fait peur aux fonctionnaires: elle entend en effet redimensionner l'Etat et geler les charges. L'assemblée générale des fonctionnaires a d'ailleurs voté le lancement d'un référendum en cas de "oui". Mais ce serait une erreur selon le député MCG Eric Stauffer. Il juge l'accord conclu ce jeudi soir entre tous les partis de droite «plus favorable à la fonction publique que les mesures voulues par le Conseil d'Etat». Si celui-ci veut supprimer les annuités, le projet de loi, lui, pourrait tout de même en accorder. Il permettrait aussi sous conditions, à une majorité des deux tiers du Grand Conseil, une hausse des charges salariales et de fonctionnement.

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